Sondage sur le dossier patient et le numérique

  • Sondage sur le dossier patient et le numérique

Infographie sur le patient et la santé numérique

 

Cinq enseignements principaux des résultats du sondage sur le e-patient

  1. Plus de 78% de l’ensemble de l’échantillon considèrent que le numérique rend totalement ou partiellement acteur de sa santé, contre seulement 45% des professionnels de santé libéraux.
  2. Si 70% des répondants pensent que les patients sont en demande de services digitaux dans leur prise en charge médicale, seulement 47% des patients et de leurs représentants et 20% des professionnels libéraux partagent ce point de vue.
  3. 62% des professionnels de santé en établissement considèrent que le numérique améliore les conditions de séjour du patient à l’hôpital, contre 30% des professionnels libéraux.
  4. 100% des industriels interrogés affirment que le numérique change la relation patient-médecin, contre 78% de l’ensemble de l’échantillon.
  5. 60% des professionnels de santé libéraux, 68% en établissement et 56% des patients et de leurs représentants considèrent que le numérique n’améliore pas le dialogue entre le patient et son médecin, contre seulement 38% du reste de l’échantillon.

Regards croisés sur le e-patient. Interview du Dr Enrione-Thorrand, MG et élu URPS AURA.

enrione-thorrandInterview du Docteur Jean-Pierre ENRIONE-THORRAND, médecin généraliste à Grenoble, élu de l’URPS AURA et porteur du projet carnet de vaccination électronique au titre de l’expérimentation TSN Pascaline.

#FASN : Selon vous, le numérique participe-t-il à rendre la patient acteur de sa santé ?

« Oui tout à fait. Le problème est de fixer le niveau de participation et d’intervention du patient dans son parcours de santé. Il est fondamental, et il le sera de plus en plus, que les patients s’approprient une part de la conduite de leur parcours de santé. Cela passe par l’accès à l’information certes, mais aussi par une participation active comme par exemple dans la création d’un carnet de vaccination électronique qui est possible par le patient lui-même. »

#FASN : Selon vous, le patient est-il demandeur de services digitaux dans sa prise en charge médicale ?

« Oui, les patients sont demandeurs de services digitaux à partir du moment où ils ont l’information. Il est certain que si l’information et le concept d’appropriation de sa santé continue à se développer et que la communication s’active sur ces thèmes, cette demande atteindra les cabinets médicaux et deviendra de plus en plus conséquente. »

#FASN : Selon vous, le numérique améliore-t-il les conditions de séjour du patient à l’hôpital ?

« Le numérique devrait améliorer à la fois la prise en charge et la qualité du passage des patients au sein des établissements hospitaliers publics et privés. Le problème est de savoir dans quelles conditions cette amélioration arrivera. Il y a encore pas mal de chemin à faire notamment en améliorant le parcours d’information entre les médecins hospitaliers et les médecins libéraux qui ont la charge du patient en permanence. L’amélioration de ce type de communication est certainement la priorité dans ce domaine. »

#FASN : Selon vous, le numérique change-t-il la relation patient-médecin ?

« Absolument. Au niveau de mon cabinet, c’est indéniable. Cela change sur plusieurs niveaux. Au niveau opérationnel, la relation évolue et devient plus directe, comme par exemple avec la prise de rendez-vous en ligne. Au niveau du contenu médical, il est certain que les patients ont de plus en plus accès à de l’information médicale avec Internet. Le problème n’est pas de limiter cette information mais d’aider le patient dans sa navigation pour qu’il choisisse les bonnes références et l’aider à faire une évaluation de cette information médicale de plus en plus accessible. Notre profession va évoluer dans les années à venir et va être bouleversée par le numérique. Les systèmes d’aide à la décision seront de plus en plus nécessaires, ne serait-ce que pour le gain de temps. Si l’information médicale nécessaire au travail des médecins arrive de plus en plus vite et de manière plus structurée, cela ne pourra qu’améliorer la qualité de la prise en charge des patients. »

#FASN : Selon vous, le numérique améliore-t-il le dialogue entre le patient et son médecin ?

« Le numérique améliore le dialogue entre le patient et son médecin mais pas de manière fondamentale. Ce qui est fondamental, c’est la qualité du rapport humain (intellectuel et psychologique) qu’ils établissent dans cette relation particulière. Ceci ne changera pas même si nous avons les plus gros ordinateurs du monde… Par contre il y a un intérêt pour le numérique ne serait-ce que dans la gestion du temps. Toutefois, la communication patient-médecin ne doit pas systématiquement passer par une rencontre physique et le transfert d’informations, comme les résultats d’analyse ou certains rappels, peut être facilité par le numérique et bénéfique pour le patient.

Par ailleurs, les nouveaux modes d’exercice comme la télémédecine n’alterneront pas la qualité de la relation médecin-malade dans la mesure où ils ne pourront assurer que certains types de consultations. Les autres consultations nécessiteront toujours un rapport présentiel entre le patient et son médecin. »

[CP ARS Martinique] 36 Heures Chrono : une rencontre interrégionale sur la santé numérique

Logo_ARSmartinique_RVB_300Neuvième étape de la campagne « faire avancer la santé numérique », la rencontre 36 heures chrono fait escale en Martinique le 21 juin 2017 à l’hôtel batelière. Objectif : fédérer les acteurs en santé des Antilles-Guyane, autour de projets de co-innovation numérique.

I. Emergence et déploiement de la e-santé en Martinique

Depuis plusieurs années, nos régions connaissent des mutations sociétales et économiques qui mettent leurs systèmes de soins sous contrainte et face auxquelles la e-santé apparaît comme une solution pertinente :

  • Vieillissement : La Martinique connaît un vieillissement rapide de sa population. Ce phénomène génère de nouvelles problématiques en termes de parcours de soins ou de gestion de la dépendance et conduit à une augmentation de la demande de soins.
  • Maladies chroniques : Les maladies chroniques (HTA, cancer, diabète…) se développent et sont les principales causes de mortalités en Martinique. Cette tendance va aboutir à une demande de soins croissante et à une hausse des dépenses de santé.
  • Nouvelles attentes : Les citoyens ont de plus en plus accès à l’information médicale via notamment la consultation de sites internet, et souhaitent être impliqués activement dans la gestion de leur propre santé.
  • Évolution de la médecine : La science médicale connaît des évolutions majeures avec l’émergence de la médecine personnalisée et un mouvement d’hyperspécialisation qui rend plus complexes les parcours de soins.
  • Contraintes financières : L’augmentation de la demande de soins conjuguée à un contexte économique mondial tendu créent des tensions sur la soutenabilité financière des régimes de protection sociale publiques dans de nombreux pays.

Tous ces facteurs contribuent à l’émergence et au déploiement de la e-santé en Martinique.

II. Faire avancer la santé numérique, un axe prioritaire pour l’ARS Martinique

Face aux défis et mutations profondes que connait notre système de santé, l’ARS Martinique s’investit dans le développement de la recherche et de l’innovation en santé, aux côtés de ses
partenaires. En effet, même si la Martinique bénéficie d’un bon niveau global de santé et d’offre de soins, elle est confrontée à des problématiques de santé spécifiques. Particulièrement concernée par les inégalités territoriales et sociales, elle est appelée à devenir une des régions « les plus âgées » de France. La e-santé représente donc aujourd’hui pour l’ARS Martinique une véritable opportunité pour le développement de la qualité des soins en Martinique.
En co-organisant ces 36h chrono, l’ARS Martinique souhaite accompagner les acteurs du système de soins, dans le virage numérique et dynamiser les initiatives e-santé dans la région.

III. Quels bénéfices attendre de la e-santé ?

La e-santé représente une réponse concrète et efficace aux enjeux auxquels est confronté le système de santé :

  • Patients
    o Qualité : prise en charge plus fiable et plus coordonnée, réduction du nombre d’examens subis, limitation des recours injustifiés aux urgences, maintien à domicile facilité (maladies chroniques ou de dépendance)
    o Accessibilité : meilleur accès aux soins dans les zones de faible densité médicale
    o Proximité : amélioration de la relation médecin-malade
  • Professionnels et Établissements de santé
    o Efficience : meilleure utilisation du temps purement médical, outils d’aide à la décision et au diagnostic
    o Qualité : accès à des connaissances médicales validées, possibilité de travail en équipe et en réseau, ressources de formation des personnels de santé
    o Décloisonnement entre la médecine de ville, l’hôpital et le secteur médico-social dans une logique de parcours de soins
  • Acteurs institutionnels et financeurs publics
    o Efficience : utilisation mieux maîtrisée de la ressource médicale, régulation médico-économique plus fine, possibilité de réallocation plus efficiente des dépenses de santé voire d’économies substantielles
    o Qualité : renforcement du dispositif de veille sanitaire, amélioration de la prévention

IV. Des exemples de projets e-santé en Martinique :

  • Téléconsultation au centre pénitentiaire de Ducos (douleurs et infectiologie) et à l’EHPAD Les Orchidées du Lamentin (gérontologie)
  • TéléAVC, ce système en cours d’installation s’appuie à la fois sur la télémédecine et la plateforme IMAG. Il permet de solliciter à distance l’avis de neurologues basés au CHU de Martinique pour diagnostiquer un problème d’AVC et connaître le traitement à mettre en place.
  • Téléradiologie pour l’interprétation de clichés à distance afin de pallier à la pénurie démographique en radiologie
  • Télépathologie au CHUM
  • PACS : pour l’archivage et le stockage des images (radiographie)
  • Télé-expertise pour l’aide à la décision médicale
  • La MSSanté, est la messagerie professionnelle sécurisée nationale. Son utilisation garantit le secret professionnel et la confidentialité des échanges. Déclinée en Martinique par le GCS SIS Martinique au travers de la messagerie régionale IDEOSECUREMAIL, elle est dédiée aux échanges entre les professionnels de santé (données personnelles de santé d’un patient dans le cadre d’une prise en charge coordonnée). Opérationnelle depuis le 15 Mars 2016,
    MSSanté est également un annuaire professionnel qui permet de retrouver les coordonnées régionales et/ou nationales des professionnels de santé.

En préconisant l’usage de la MSS, l’ARS souhaite favoriser les échanges ville-hôpital tant en quantité qu’en qualité.

V. Le Numérique une réponse aux enjeux de santé interrégionaux

Pour les Antilles-Guyane, l’apport de la e-santé est nécessaire à l’amélioration d’un parcours de soins adapté aux spécificités ultramarines et insulaires : Le Numérique dans la Coopération inter-régionale, la télémédecine et les spécificités territoriales, tels sont les thèmes qui seront abordés au cours de cette rencontre.

Voir le communiqué de l’ARS Martinique

Accessibilité des soins, coopération interrégionale et e-santé : les nouveaux défis des acteurs de santé dans les Antilles-Guyane

A l’occasion des 36 Heures Chrono Antilles-Guyane qui auront lieu le 21 juin prochain à Schoelcher (Martinique), les acteurs de l’innovation en santé se sont donnés rendez-vous pour échanger sur les nouveaux projets e-santé en cours de déploiement et réfléchir aux nouvelles formes de coordination et de coopération sanitaire qui redéfiniront l’offre de soins sur le territoire.

De nombreux sujets stratégiques seront abordés dans le cadre de conférences et d’ateliers de travail organisés en matinée. Après le mot d’ouverture d’Olivier Coudin, Directeur général adjoint de l’Agence Régionale de Santé de Martinique, les acteurs institutionnels de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane expliqueront en quoi le numérique peut-il être un outil de refondation du système de santé et donneront leurs différentes visions sur le développement de la filière e-santé dans les Antilles-Guyane. Ils présenteront également, à travers l’intervention des 3 ARS, les spécificités territoriales de la coopération interrégionale et les initiatives qui la rendent de plus en plus effective et qui profitent à la population.

Cinq thématiques, importantes pour le territoire, seront ensuite débattues en atelier par des acteurs de terrain : « Hôpital numérique », « numérique et coordinations des soins », « télémédecine », « imagerie médicale et plateforme e-santé » et « numérique et parcours de santé des personnes âgées ». Ainsi à titre d’exemple, un retour d’expérience sur le déploiement du dossier patient informatisé en Guyane sera donné par Bertrand Spenle, Directeur du GCS Guyasis. Le docteur Mona Hedreville, Cardiologue au CHU de Guadeloupe, présentera le dispositif de télé-échographie cardiaque entre le CHU et le Centre hospitalier de Marie-Galante. Le docteur Mathilde Pircher, Praticien hospitalier au CHU de Martinique, expliquera quant à elle comment est pratiquée la télémédecine en milieu carcéral. Le secteur médico-social sera également traité, notamment à travers l’intervention du docteur Jean-Luc Fanon, Chef de Pôle au CHU de Martinique, sur le numérique dans les relations entre le CHU et les EHPAD de Martinique.

L’après-midi sera consacré à promouvoir les solutions innovantes développées par les startups ultramarines ainsi que par les structures sanitaires et médico-sociales du territoire.

5 startups seront ainsi amenées à pitcher devant l’ensemble de l’écosystème e-santé réuni pour l’occasion. La startup Mon-Dom présentera sa plateforme de mise en relation entre professionnels de santé et patients nécessitant une prise en charge à domicile. Clikodoc dévoilera son application web et mobile, qui permet aux patients de prendre un rendez-vous médical en quelques secondes. Pawoka mettra en avant son application mobile dédiée au public et aux professionnels de santé, pour faciliter la compatibilité entre la biomédecine et l’ethnomédecine traditionnelle autour des plantes médicinales de la Caraïbe. Martinique Medical Care fera une présentation de son service d’accompagnement aux patients étrangers dans leurs démarches de soins. Il s’agit d’un service de conciergerie médicale à destination des étrangers qui souhaitent venir en Martinique pour toute procédure médicale. Enfin, le Dr Huidi Tchero reviendra sur le programme CATEPLAIES (Caraïbes, télémédecine et plaies) et mettra en lumière l’application mobile « Courbaril-plaie » qui vise à améliorer la qualité des soins préventifs et curatifs des malades à risque ou affectés de plaies à cicatrisation difficile, en facilitant la prise en charge par les professionnels.

Les Minutes de l’Innovation concluront cette journée e-santé en offrant la possibilité à des porteurs de projets de santé innovants et structurants sur le plan organisationnel de prendre la parole et de présenter en avant-première leurs initiatives. Ces dernières ont été sélectionnées par un comité d’experts composé du Dr Mona Hedreville (CHU Guadeloupe), du Dr Henri Wind (GCS e-Santé Archipel 97-1), de Yvon Marie-Sainte (GCS SIS Martinique) et de Jeanne-Emérante Defoi (CISS Martinique).

Parmi les projets retenus, le programme de coopération interrégionale européenne « E-Santé et Coopération Caribéenne » vise à proposer une offre de soins Caraïbes dotée d’un parcours coordonné du patient étranger. Le projet « Télémédecine Saint-Martin », quant à lui, ouvre la téléconsultation au CH de Saint-Martin, notamment pour permettre aux patients de bénéficier de l’expertise de spécialistes et médecins de ville des territoires limitrophes, notamment de Guadeloupe. Le projet « Innovative e-Health and e-Learning Platform in Cell Therapy », porté par le CHU de Martinique, se définit comme une innovation organisationnelle cohérente et développe la coopération interrégionale pour la surveillance des hémopathies malignes, au bénéfice des Département français d’Amérique et de la Caraïbe dans le cadre de la continuité territoriale. L’IREPS Martinique présentera l’Outil de Suivi Cartographique des Actions Régionales de Santé (OSCARS), qui offre une base de données cartographique des actions, des programmes et des acteurs dans le domaine de la prévention et de la santé publique. Enfin, un projet de télé-échographie en Guyane doit permettre d’assister les professionnels des centres de santé dans la réalisation d’échographies afin de rationaliser les transferts de patients.

36 Heures Chrono Antilles-Guyane : focus sur l’innovation et les initiatives de coopération interrégionale en santé

La campagne « Faire avancer la santé numérique » (#FASN) a choisi le territoire des Antilles-Guyane pour organiser, le 21 juin à l’Hôtel La Batelière à côté de Fort-de-France (Martinique), sa 9e étape régionale : les 36 Heures Chrono. Dossier patient informatisé, plateforme de coordination des professionnels de santé, coopération sanitaire interrégionale, projets de télémédecine, programme « Hôpital Numérique »… de nombreux sujets e-santé seront présentés et permettront aux acteurs de santé de faire le point sur les projets et outils numériques mis à leur disposition pour améliorer la prise en charge des patients.

La santé numérique représente pour les Antilles et la Guyane une opportunité d’améliorer l’offre de soins et de la rendre plus adaptée aux spécificités ultramarines et insulaires du territoire. A travers des services innovants tels que la télé-échographie cardiaque, l’imagerie médicale dématérialisée ou la télémédecine en EHPAD, le parcours de santé de la population se fluidifie et permet une nette amélioration de l’accessibilité des soins et de l’efficience de la prise en charge médicale.

Pour permettre aux professionnels de santé de prendre connaissance de ces nouveaux services et outils déployés en médecine ambulatoire et dans les établissements sanitaires et médico-sociaux, des conférences et ateliers thématiques seront organisés en matinée et animés par des experts régionaux et nationaux. Deux conférences, de dimension institutionnelle, ouvriront ces rencontres en abordant la question du numérique comme outil de refondation du système de santé ainsi que celle de la coopération interrégionale entre tous les acteurs de santé du territoire. Les trois régions seront représentées, notamment à travers les interventions des Agences Régionales de Santé (ARS) de Martinique, de Guadeloupe, Saint-Martin & Saint-Barthélemy et de Guyane.

Cinq ateliers, axés sur la réalité du terrain et des pratiques, traiteront de la plateforme de services « Imagerie Médicale Antilles-Guyane » (IMAG), du numérique au service de l’amélioration du parcours de la personne âgée, des spécificités territoriales des Antilles-Guyane en matière de télémédecine, des suites qui seront données au programme « Hôpital Numérique » et de retours d’expériences sur l’utilisation du numérique au service de la coordination des soins. Ces ateliers ont été co-construits avec l’aide des acteurs de santé locaux, engagés à faire avancer la filière e-santé et porteurs de projets innovants au service des patients.

L’après-midi sera consacré à promouvoir les solutions innovantes développées par les start-up ultramarines ainsi que par les établissements et structures sanitaires et médico-sociaux du territoire. Le startup challenge permettra ainsi aux jeunes pousses de disposer d’un show-room, de nouer de nouveaux contacts et de présenter leurs innovations devant l’écosystème de la e-santé. Et les Minutes de l’Innovation permettront de faire un tour d’horizon sur les initiatives innovantes, impactantes sur le plan organisationnel, qui sont déployées au sein des structures sanitaires et médico-sociales. Les projets qui seront présentés seront présélectionnés par un comité d’experts sur la base de 5 critères : accessibilité, coordination, efficience, co-construction et décloisonnement. Ils seront ensuite présentés et soumis au vote de l’ensemble des participants de la journée. A l’issue du vote, le projet le mieux évalué sera présenté lors des rencontres nationales de la santé numérique qui auront lieu le 14 décembre 2017 à Paris. Cette session représente également une opportunité pour les 28 porteurs de projets intégrés au sein du dispositif Interreg e-Santé et Coopération Caribéenne de donner de la visibilité à leurs initiatives et de pouvoir entendre les retours de l’ensemble des parties prenantes régionales.

Les plus grands acteurs Antilles-Guyane de la e-santé se mobilisent et sont partenaires de cette journée : les ARS de Guadeloupe, Saint-Martin & Saint-Barthélemy et de Martinique, les Groupements de coopération sanitaire (GCS) des trois régions, l’Union régionale des Médecins Libéraux de Martinique, les CHU de Martinique et de Guadeloupe, le Centre Hospitalier de la Basse-Terre, les délégations régionales de la FHF et de la FEHAP, le CISS et l’IREPS de Martinique, etc. Le ministère des Outre-mer a également apporté son soutien pour cette nouvelle édition des 36 Heures Chrono.

Accéder au programme

Contact presse

Philippe Lacroix – philippe.lacroix@care-insight.fr – 06.83.19.07.95

A propos de #FASN

logo-FBLa campagne « Faire avancer la santé numérique » (#FASN) a été lancée en janvier 2015, initialement sur une durée de 2 ans, par le cabinet de stratégie Care Insight. Elle a vocation à inciter les acteurs concernés, du patient au professionnel de santé, de l’élu à l’industriel, du financeur à l’ingénieur, à s’engager dans un mouvement de masse en faveur du développement de la filière e-santé et de l’innovation en santé.

Elle offre un espace ouvert au dialogue et aux partages d’expériences en matière de santé numérique afin de permettre aux acteurs d’accéder au mieux à son écosystème. Elle vise également à rapprocher des acteurs parfois trop dispersés dans un contexte où les régions se mobilisent et consacrent d’importants moyens autour de projets numériques dans le domaine sanitaire et médico-social (Territoire de Soins Numériques, Hôpital Numérique, GHT, PAERPA, etc.).

Soutenue par l’ASIP Santé, la FHF, la Fehap et les fédérations Syntec Numérique, Snitem, Asinhpa et Lesiss, la campagne #FASN mobilise à chaque rendez-vous en région des acteurs tels que la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS), les Agences régionales de santé (ARS), la Délégation à la stratégie des systèmes d’information de santé (DSSIS) et de nombreux acteurs de santé locaux impliqués dans la e-santé (GCS, URPS, associations de patients, fédérations et établissements hospitaliers, établissements médico-sociaux, CRSA, industriels et prestataires de services, etc.).

Après Bordeaux, Strasbourg, Lille, Lyon, Nantes, La Réunion, Montpellier et Marseille, la campagne #FASN continue son tour des régions françaises et prévoit de nouvelles rencontres à Fort-de-France le 21 juin (Antilles-Guyane), à Dijon le 17 octobre (Bourgogne-Franche-Comté) et terminera l’année en apothéose à Paris le 14 décembre 2017 (Île-de-France).

Regards croisés sur les objets connectés santé – Interview du Dr François Jounieaux (pneumologue à Lille)

Photo Dr JounieauxDr François Jounieaux est pneumologue à Lille, spécialiste du sommeil et de la BPCO

#FASN : Quelle est votre définition d’un objet connecté santé ?

Un objet connecté, pour le médecin que je suis, est un objet qui analyse des données du patient et de son environnement, qui interagit avec le patient pour lui communiquer des informations utiles à sa santé, enfin qui collecte des informations exploitables par le médecin. Si on prend l’exemple des stations de sommeil disponibles sur le marché, le système analyse l’environnement local (température, luminosité ambiante…), détermine les heures de coucher et lever du patient, son temps et sa qualité  de sommeil de manière plus ou moins précise. Le patient peut être alerté sur une mauvaise hygiène de sommeil, des conditions environnementales non favorables, l’existence d’une ronchopathie, lui donner des conseils pour améliorer cette situation. Le médecin, quant à lui, pourrait exploiter ces données à visée statistique épidémiologique, avoir des données un peu plus objectives sur le mode de vie de son patient et enfin proposer du conseil plus médical.

Il y a une frontière floue et poreuse entre santé et bien-être. L’un ne va pas sans l’autre. Pour le sommeil par exemple, la sensation d’avoir bien dormi est aussi importante qu’une donnée signifiant que le patient a dormi un nombre d’heures suffisant sans ronfler. Pour que l’interprétation soit pertinente, il est nécessaire de prendre en compte ces deux types d’information.

#FASN : A quelle fréquence utilisez-vous des objets connectés en lien avec votre santé ?

Aujourd’hui, les objets connectés dans le quotidien d’un pneumologue libéral ne sont pas très répandus.  Il est encore rare qu’un patient utilise une application smartphone et nous transmette ses informations. Cela ne fait pas encore partie de notre quotidien. Et les objets connectés pour le sommeil ont encore beaucoup de limites, les données récoltées restent assez floues et sont peu exploitables ; ça ne remplace pas encore le matériel médical. Il y a encore une frontière énorme entre les données fournies par un objet connecté et celles que nous pouvons récolter avec du matériel professionnel tel qu’un polysomnographe par exemple.

En allergologie par contre, je sollicite souvent les patients  à utiliser des applications smartphone qui les alertent sur les pics de pollution, les pics de pollen, etc. Cela les aide pour appréhender et mieux vivre leur traitement. L’objet connecté (le smartphone) a donc ici une vertu éducative. Récupérer des infos et en donner au patient pour qu’il puisse auto-apprendre et évoluer. Cela peut donc remplacer le conseil médical sur des choses simples.

#FASN : Selon vous, quel est le degré d’utilité des objets connectés de santé ?

Il y a ce qui existe aujourd’hui et ce qui va exister plus tard. Nous avons beaucoup d’attentes sur ce qui va sortir dans les prochaines années. Pour nous médecin, le côté éducation thérapeutique par l’information que le patient va pouvoir tirer de l’objet est important car mieux se connaître, c’est mieux se soigner. Un patient qui se connaît bien, qui dispose d’une information sur son état de santé via un objet connecté va l’aider à mieux percevoir un problème et donc réagir prématurément avant que celui-ci se chronicise. L’aspect « alerte » ne remplace pas le médecin mais apportera une aide quotidienne en son absence et permettra d’alerter le patient lorsqu’il devient urgent d’aller consulter.

Dans certains domaines de la santé, comme pour l’apnée du sommeil, l’objet connecté peut avoir une vertu thérapeutique et aider le patient à changer de position pendant son sommeil pour lui permettre de respirer normalement. Enfin, dans les études statistiques, l’exploitation des données des objets connectés, du big data, représente une mine d’informations considérable et peut permettre de faire avancer la recherche.

#FASN : Selon vous, les données recueillies par les objets connectés de santé sont-elles sécurisées ?

Je ne sais pas si les données sont sécurisées. Il n’y a pas de garant de cette sécurité. Les données ne doivent pas tomber dans de mauvaises mains. Par exemple, un assureur pourrait augmenter les primes d’assurances santé en fonction de données récoltées indiquant des comportements à risque.

#FASN : Selon vous, les mesures réalisées par un objet connecté de santé sont-elles fiables ?

Cela dépend de la donnée dont on parle. Pour mesurer la température, l’objet connecté est fiable mais pour mesurer le stade de sommeil d’un patient qui dort, il n’est absolument pas fiable. Pour certaines mesures, on sait que le matériel est performant mais pas pour d’autres. La fiabilité dépend donc de ce que l’on mesure.

#FASN : Selon vous, les objets connectés de santé sont-ils accessibles en termes de prix ?

Tant que l’on reste sur des objets connectés simples qui mesurent par exemple l’activité physique, ça reste globalement accessible. Mais dès que l’objet a une étiquette médicale, il devient onéreux. Cela s’explique par l’ensemble de normes médicales que l’objet santé doit respecter. Toutefois, l’effet de la concurrence jouant et le prix des matériaux baissant, ils deviennent de moins en moins chers et de plus en plus accessibles.

Antilles-Guyane : un rendez-vous interrégional fédérateur pour soutenir l’innovation en santé

La campagne « Faire avancer la santé numérique » (#FASN) organise le 21 juin 2017 à Fort-de-France (Martinique) sa 9e étape régionale dédiée à l’innovation en santé. Tous les acteurs de santé ultramarins se mobilisent pour porter le dynamisme de la filière e-santé et co-construire l’offre de soins de demain dans les Antilles-Guyane.

Investie dans le déploiement de nombreux projets et services en santé numérique, les Antilles et la Guyane connaissent un véritable engouement pour le développement d’une offre de soins complète, coordonnée et au fait des dernières innovations technologiques. Caractérisés par des spécificités sanitaires ultramarines, ces territoires connaissent des risques liés à la naissance plus importants, une obésité et un surpoids plus répandus avec une forte prévalence du diabète, ou encore des insuffisances rénales et cardiaques plus nombreux…

Toutes ces spécificités appellent la mise en place de nouveaux outils favorisant la coopération interrégionale et la coordination des professionnels de santé autour du patient. C’est dans ce contexte que s’inscrit les prochaines rencontres régionales de la campagne « Faire avancer la santé numérique » (#FASN) : 36 Heures Chrono Antilles-Guyane. Après Bordeaux, Strasbourg, Lille, Lyon, Nantes, La Réunion, Montpellier et Marseille, c’est le 21 juin à Fort-de-France que l’écosystème e-santé se donne rendez-vous pour développer la filière e-santé et bénéficier des dernières innovations en santé.

Au programme, plusieurs sessions ponctueront cette journée d’échanges et de partage d’expériences. En ouverture, une agora « Numérique et Santé : enjeux et spécificités de l’Outre-Mer » permettra de poser le contexte dans les Antilles et en Guyane avec les acteurs institutionnels incontournables de ces territoires tels que Patrick Houssel, Directeur général de l’ARS Martinique, le Professeur Régis Duvauferrier, Président de Commission médicale d’établissement du CHU de Fort-de-France et Yvon Pacquit, Président du conseil de surveillance du CHU de Fort-de-France et Président de la FHF Martinique. Elle sera suivie par une autre agora axée sur la coopération interrégionale et les perspectives concrètes qu’elle engendre en présence des 3 ARS de Martinique, Guyane et Guadeloupe. Co-construit avec l’aide des acteurs de santé locaux (ARS, GCS, CHU, URPS, fédérations hospitalières, etc.), le programme de ces rencontres régionales reflète les priorités et la stratégie actuelles de ces territoires.

5 ateliers d’experts permettront ensuite d’aborder les thématiques e-santé prioritaires dans les Antilles et en Guyane : coordination des soins, hôpital numérique, télémédecine, parcours de la personne âgée, plateforme de services en imagerie médicale Antilles-Guyane (IMAG).

Pour mettre en lumière les initiatives entrepreneuriales les plus innovantes, un challenge donnera la parole aux startup ultramarines qui inventent de nouveaux services et solutions au service des professionnels de santé et des patients. Co-organisé avec les acteurs du développement économique et de l’innovation, ce challenge offrira aux startup la possibilité de pitcher, de disposer d’un show-room pour présenter leurs produits et de rencontrer les potentiels financeurs, prescripteurs ou collaborateurs dans les Antilles-Guyane. Après le succès rencontré par les Minutes de l’Innovation à Marseille le 30 mars dernier, une nouvelle session sera organisée lors des 36 Heures Chrono Antilles-Guyane. Ouverte aux établissements sanitaires et médico-sociaux ainsi qu’aux structures mutualistes et associatives, cette session vise à promouvoir les projets e-santé les plus innovants et les plus utiles à la population. Elles permettent de valoriser les organisations en santé qui font bon usage de la technologie au service d’un système de santé plus efficient. Concrètement, plusieurs projets e-santé seront présélectionnés par un comité d’experts sur la base de 5 critères : accessibilité, coordination, efficience, co-construction et décloisonnement. Ces projets seront ensuite présentés et soumis au vote de l’ensemble des participants des 36 Heures Chrono. A l’issue du vote, le projet vainqueur pourra être présenté lors des rencontres nationales de la santé numérique qui auront lieu le 14 décembre 2017 à Paris.

Contact presse
Philippe Lacroix – philippe.lacroix@care-insight.fr – 06.83.19.07.95

 

A propos de #FASN

logo #FASNLa campagne « Faire avancer la santé numérique » (#FASN) a été lancée en janvier 2015, initialement sur une durée de 2 ans, par le cabinet de stratégie Care Insight. Elle a vocation à inciter les acteurs concernés, du patient au professionnel de santé, de l’élu à l’industriel, du financeur à l’ingénieur, à s’engager dans un mouvement de masse en faveur du développement de la filière e-santé et de l’innovation en santé.

Elle offre un espace ouvert au dialogue et aux partages d’expériences en matière de santé numérique afin de permettre aux acteurs d’accéder au mieux à son écosystème. Elle vise également à rapprocher des acteurs parfois trop dispersés dans un contexte où les régions se mobilisent et consacrent d’importants moyens autour de projets numériques dans le domaine sanitaire et médico-social (Territoire de Soins Numériques, Hôpital Numérique, GHT, PAERPA, etc.).

Soutenue par l’ASIP Santé, la FHF, la Fehap et les fédérations Syntec Numérique, Snitem, Asinhpa et Lesiss, la campagne #FASN mobilise à chaque rendez-vous en région des acteurs tels que la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS), les Agences régionales de santé (ARS), la Délégation à la stratégie des systèmes d’information de santé (DSSIS) et de nombreux acteurs de santé locaux impliqués dans la e-santé (GCS, URPS, associations de patients, fédérations et établissements hospitaliers, établissements médico-sociaux, CRSA, industriels et prestataires de services, etc.).

Après Bordeaux, Strasbourg, Lille, Lyon, Nantes, La Réunion, Montpellier et Marseille, la campagne #FASN continue son tour des régions françaises et prévoit de nouvelles rencontres à Fort-de-France le 21 juin (Antilles-Guyane), à Dijon en octobre (Bourgogne-Franche-Comté) et terminera l’année en apothéose à Paris le 14 décembre 2017 (Île-de-France).

Regards croisés sur les objets connectés santé – Interview de Jérôme Duvernois

duvernoisJérôme Duvernois a été directeur de la stratégie de Softway Medical et Président de la fédération LESISS, avant de rejoindre l’ASIP Santé en tant que Conseiller auprès de la Direction Générale.

Il a aujourd’hui quitté l’ASIP Santé pour créer la société de conseil « eSanté Solutions » spécialisée dans le conseil en assistance à maîtrise d’ouvrage (AMOA) à destination des établissements de santé ainsi que dans le conseil stratégique auprès des industriels de la filière e-santé.

 

#FASN : Quelle est votre définition d’un objet connecté santé ?

JD : Il peut y en avoir plusieurs en fonction du point de vue. D’un point de vue technique et industriel, un objet connecté santé est un objet habituel de la santé qu’on va connecter de manière à ce qu’il puisse échanger avec d’autres dispositifs de l’information. D’un point de vue industriel, c’est donc un objet qui va soit avoir un meilleur comportement car il va être piloté de l’extérieur par un système qui a plus de capacité que lui à déterminer les comportements, soit à l’inverse, c’est un objet qui va remonter de l’information pour alimenter un système capable de prendre des décisions plus éclairées.

Du côté utilisateur et usage, c’est un objet qui va permettre d’automatiser un certain nombre de choses. Considérons par exemple une mesure quelconque d’un paramètre biologique sur un patient dans un hôpital. Si la mesure est faite avec un objet non connecté, il sera nécessaire que l’infirmière ou l’aide-soignante prenne la mesure et la saisisse dans un système. Cela prend du temps et a un coût. Le nombre de prise de mesure dans la journée est donc limité par les moyens humains qui y sont consacrés.

L’objet connecté va se passer de l’humain pour envoyer cette information et automatiser la transmission de l’information au bon système. L’enjeu de l’objet connecté est donc la robotisation, avec toutes les conséquences que cela peut engendrer en termes de changement de paradigme.

#FASN : A quelle fréquence utilisez-vous des objets connectés en lien avec votre santé ?

Personnellement j’utilise des objets connectés en permanence. Je m’en sers notamment pour contrôler un certain nombre de paramètres biologiques tel que le poids. La mesure du poids ou du nombre de pas réalisé par jour constitue pour moi un élément de motivation pour faire attention à l’exercice que je fais, à ce que je mange et pour assurer un équilibre de vie.

#FASN : Selon vous, quel est le degré d’utilité des objets connectés de santé ?

L’objet connecté simplifie la relation à l’objet. Par exemple, les objets connectés des particuliers type balance connectée ou tensiomètre connecté permettent avec un côté gadget et innovant, d’avoir plus facilement de l’information sur soi. Et on voit la tendance des individus à prendre de plus en plus part à leur santé. Ces objets facilitent donc le « patient empowerment ». Après il y a un côté gadget, et on voit que les traqueurs d’activité ont bénéficié d’un effet de mode qui retombe aujourd’hui. On peut donc s’interroger sur l’utilité des objets connectés. Mais fondamentalement, ils sont utiles à un certain nombre de gens et l’utilité est liée à ce qu’on attend de la mesure.

Il en va autrement pour les objets connectés professionnels. A l’hôpital, ils ont une grande utilité pour deux raisons. Premièrement sur la qualité de prise en charge du patient car l’établissement est en capacité d’effectuer des mesures plus fréquentes sans augmenter les coûts. Cela amène de la valeur. Deuxièmement, il n’y a plus besoin d’une action humaine pour prendre les mesures et cela engendre un bénéfice économique en termes de ressources humaines pour l’hôpital. C’est le même bénéfice à domicile même si leur usage reste encore plus faible.

#FASN : Selon vous, les données recueillies par les objets connectés de santé sont-elles sécurisées ?

Ce n’est pas l’objet connecté en soi qui permet d’avoir des données sécurisées mais tout le système. Sur les appareils grand public (tensiomètre, balance connectée, etc.) le circuit de l’information part de l’objet et va sur le serveur de la marque, est stocké sur le serveur puis va sur l’application mobile de son utilisateur. Dans ce contexte, la donnée peut être potentiellement revendue à d’autres prestataires qui peuvent en avoir l’utilité.

La sécurité de la donnée tient donc à toute la chaîne comme toute problématique de sécurité. Ça part du « device mobile » de l’utilisateur qui doit être sécurisé (anti-virus, système d’exploitation à jour, etc.), en passant par le serveur du prestataire ainsi que par la manière dont l’information est communiquée entre l’objet connecté et le serveur.

#FASN : Selon vous, les mesures réalisées par un objet connecté de santé sont-elles fiables ?

La question de la mesure est un véritable enjeu. Certains objets sont marqués CE et déclarés dispositifs médicaux. Cela donne un certain niveau de garantie sur la fabrication, sur la qualité des mesures et offre ainsi un certain niveau de confiance. Mais cela peut être variable. Le marquage CE en soi ne donne pas de véritable garantie sur la qualité de la mesure. Actuellement, il y a quelques sociétés qui vont vers la labellisation d’objets connectés ou d’applications mobiles. Cette démarche est saine sous réserve que leur manière d’évoluer reste transparente et crédible. Cela passe autant sur l’aspect sécurité des données que celui de la fiabilité des mesures ou encore du service rendu. On peut faire aujourd’hui des objets connectés extraordinaires d’un point de vue technique mais si le service rendu est nul, il ne représente aucun intérêt.

#FASN : Selon vous, les objets connectés de santé sont-ils accessibles en termes de prix ?

C’est une question subjective. Les gens achètent des objets connectés parce qu’ils en ont besoin ou envie et parce qu’ils en ont les moyens. Cet équilibre entre besoin et pouvoir d’achat est différent pour chacun en fonction du contexte. Par exemple, je peux acheter une balance connectée très chère parce que j’en ai envie, que j’ai certains moyens et que ça me motive pour m’assurer que ma santé est bonne. En même temps, une personne qui n’a pas de problème de poids et qui n’en aura pas réellement besoin pourra la trouver, au même prix, trop chère. La question du prix dépend donc de l’utilité qu’on accorde à l’objet. Dire que les objets sont trop ou pas assez chers n’a donc pas vraiment de sens en soi. Cela dépend du contexte. De plus, il faut prendre en compte l’effet classique sur un marché d’innovation. La première phase, celle du lancement, est caractérisée par un prix très élevé rendant l’objet peu accessible. Il s’en suit une phase où les objets restent encore assez chers mais avec un élargissement de la cible. La dernière phase rend l’objet accessible ; il devient un produit de consommation courante.