23 novembre 2015 FASN

Avec Pascaline, priorité à l’appropriation !

Patrick Vanderbergh photoLe programme PASCALINE de l’ARS Rhône-Alpes fait partie des 5 projets sélectionnés dans le cadre du programme national « Territoire de soins numérique ». Déployé entre l’Est de Lyon et Bourgoin-Jallieu, il vise à développer progressivement un ensemble de services innovants pour améliorer le parcours des usagers et faciliter les échanges entre les professionnels. Pour déployer le projet, les acteurs régionaux ont fait le choix audacieux d’une méthode innovante. Patrick Vandenbergh, Directeur de la Stratégie et des Projets de l’ARS Rhône-Alpes, nous en dit plus.

Après plus de 12 mois de travaux, le projet TSN Rhône-Alpes commence à prendre forme et ses outils et services à se mettre en place. Pour ce faire, l’ARS a volontairement divisé le projet en un ensemble de sous-projets pilotés chacun par une institution différente. « De cette manière, tous les acteurs se sentent concernés : les patients, avec le CISS Rhône-Alpes, les médecins libéraux avec l’URPS, les collectivités locales, … » explique Patrick Vandenbergh. « Chaque sous-projet porte un but propre mais tous convergent vers le même objectif général qui est d’améliorer la prise en charge des parcours des malades chroniques et des personnes âgées » continue-t-il. A l’image des petites rivières qui font les grands fleuves, les sous-projets, qu’ils soient axés sur des problématiques professionnelles très précises ou des enjeux grand public plus larges, participent à construire le projet global. On en dénombre ainsi 9 allant du Réseau social professionnel aux Référents Parcours de Santé en passant par le carnet de vaccination électronique, les objets connectés ou encore Autonom@dom, bouquet de services pour l’autonomie à domicile, projet déjà existant et rattaché au projet global.

Certains de ces services sont déjà actifs comme les Référents Parcours de Santé (RPS), mis en place depuis mars. Les RPS sont des facilitateurs qui accompagnent toute personne ressentant une difficulté dans son parcours de santé, quelle qu’en soit l’origine. « On est ici dans la pure organisation » confie Patrick Vandenbergh. « L’idée est née d’un diagnostic établi il y a plusieurs mois déjà. Les structures professionnelles restent en échec dans de nombreuses situations complexes, du fait du face-à-face classique patient-aidant d’un côté et professionnels de santé de l’autre. Ce positionnement historique engendre des inadéquations entre les attentes des usagers et les propositions qui leurs sont faites. Les référents feront le lien, s’agissant parfois seulement de décoder les propos des uns et des autres pour améliorer la compréhension respective. » Ces référents élaborent avec le patient un projet d’accompagnement sur mesure. Pour cela, ils peuvent s’appuyer sur une grille d’autoévaluation en ligne qui explore 13 domaines pour comprendre la situation et proposer la situation la plus adaptée. A ce jour au nombre de 2, ils peuvent suivre simultanément une cinquantaine de situations, en fonction évidemment de leur complexité.

Autre solution, phare celle-ci : la plateforme territoriale d’appui « C’est le seul sous-projet à être porté par l’ARS, le plus central de tous, qui va rassembler tous les acteurs du parcours » raconte Patrick Vandenbergh. « C’est d’abord un projet organisationnel. A ce jour, on dispose de multiples dispositifs de coordination du parcours : les clic, les MAIA, les réseaux, par pathologie ou par territoire, les champs de l’aide à domicile, … Tout cela est dispersé, illisible pour les usagers et les médecins traitants, sous-utilisés et peu efficients. L’objectif de la plateforme n’est pas de créer un dispositif supplémentaire mais de rassembler les acteurs. » La plateforme va permettre de réguler les parcours. Elle préconisera un mode d’accompagnement en s’appuyant sur les différentes structures et en fonction d’un diagnostic automatisé le plus possible. Une équipe mobile affinera le diagnostic si besoin. Le médecin traitant pourra saisir la plateforme dès qu’il en aura besoin. Là aussi, la méthode de travail n’est pas commune, comme l’explique le directeur de la stratégie et des projets de l’ARS. « La première plateforme sera mise en place à Bourgoin fin novembre et pourra déjà se saisir de certains dossiers pour être testée. Mais ce ne sera évidemment pas la version définitive ! Nous devrons l’ajuster, notamment grâce à ces tests qui vont associer les utilisateurs. Pour l’instant, c’est l’ARS, et le GCS SISRA pour les outils numériques, qui pilotent cette phase recherche et développement. Nous lancerons ensuite un marché pour choisir un industriel qui développera une solution transposable facilement dans d’autres territoires et d’autres régions»

L’ARS reste cependant prudente. « Notre méthode de travail permet de pallier à certains risques d’échec dus à la non-appropriation des outils par les utilisateurs. C’est un pré-requis certes, mais cela ne suffit pas. Il nous faudra obligatoirement adopter une démarche construite de conduite du changement. Au fur et à mesure, nous allons ainsi élargir le cercle des utilisateurs touchant peu à peu des acteurs n’ayant pas participé à l’élaboration de l’outil. Certaines actions vont relever de la formation et dépendront des URPS, d’autres devront être conduites par des consortiums spécialisés dans la diffusion et le déploiement auprès des médecins concernés. »
Désormais, le rendez-vous est fixé mi 2017 avec la clôture et l’évaluation nationale des expérimentations. Viendra ensuite le temps du déploiement sur la future grande région. Car « si TSN a certes permis de booster ces projets, au final, nous avions l’intention, avant même ce programme de les mener à terme » affirme Patrick Vandenbergh.

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