Sondage sur le dossier patient et le numérique

  • Sondage sur le dossier patient et le numérique

Infographie sur le patient et la santé numérique

 

Cinq enseignements principaux des résultats du sondage sur le e-patient

  1. Plus de 78% de l’ensemble de l’échantillon considèrent que le numérique rend totalement ou partiellement acteur de sa santé, contre seulement 45% des professionnels de santé libéraux.
  2. Si 70% des répondants pensent que les patients sont en demande de services digitaux dans leur prise en charge médicale, seulement 47% des patients et de leurs représentants et 20% des professionnels libéraux partagent ce point de vue.
  3. 62% des professionnels de santé en établissement considèrent que le numérique améliore les conditions de séjour du patient à l’hôpital, contre 30% des professionnels libéraux.
  4. 100% des industriels interrogés affirment que le numérique change la relation patient-médecin, contre 78% de l’ensemble de l’échantillon.
  5. 60% des professionnels de santé libéraux, 68% en établissement et 56% des patients et de leurs représentants considèrent que le numérique n’améliore pas le dialogue entre le patient et son médecin, contre seulement 38% du reste de l’échantillon.

Regards croisés sur le e-patient. Interview du Dr Enrione-Thorrand, MG et élu URPS AURA.

enrione-thorrandInterview du Docteur Jean-Pierre ENRIONE-THORRAND, médecin généraliste à Grenoble, élu de l’URPS AURA et porteur du projet carnet de vaccination électronique au titre de l’expérimentation TSN Pascaline.

#FASN : Selon vous, le numérique participe-t-il à rendre la patient acteur de sa santé ?

« Oui tout à fait. Le problème est de fixer le niveau de participation et d’intervention du patient dans son parcours de santé. Il est fondamental, et il le sera de plus en plus, que les patients s’approprient une part de la conduite de leur parcours de santé. Cela passe par l’accès à l’information certes, mais aussi par une participation active comme par exemple dans la création d’un carnet de vaccination électronique qui est possible par le patient lui-même. »

#FASN : Selon vous, le patient est-il demandeur de services digitaux dans sa prise en charge médicale ?

« Oui, les patients sont demandeurs de services digitaux à partir du moment où ils ont l’information. Il est certain que si l’information et le concept d’appropriation de sa santé continue à se développer et que la communication s’active sur ces thèmes, cette demande atteindra les cabinets médicaux et deviendra de plus en plus conséquente. »

#FASN : Selon vous, le numérique améliore-t-il les conditions de séjour du patient à l’hôpital ?

« Le numérique devrait améliorer à la fois la prise en charge et la qualité du passage des patients au sein des établissements hospitaliers publics et privés. Le problème est de savoir dans quelles conditions cette amélioration arrivera. Il y a encore pas mal de chemin à faire notamment en améliorant le parcours d’information entre les médecins hospitaliers et les médecins libéraux qui ont la charge du patient en permanence. L’amélioration de ce type de communication est certainement la priorité dans ce domaine. »

#FASN : Selon vous, le numérique change-t-il la relation patient-médecin ?

« Absolument. Au niveau de mon cabinet, c’est indéniable. Cela change sur plusieurs niveaux. Au niveau opérationnel, la relation évolue et devient plus directe, comme par exemple avec la prise de rendez-vous en ligne. Au niveau du contenu médical, il est certain que les patients ont de plus en plus accès à de l’information médicale avec Internet. Le problème n’est pas de limiter cette information mais d’aider le patient dans sa navigation pour qu’il choisisse les bonnes références et l’aider à faire une évaluation de cette information médicale de plus en plus accessible. Notre profession va évoluer dans les années à venir et va être bouleversée par le numérique. Les systèmes d’aide à la décision seront de plus en plus nécessaires, ne serait-ce que pour le gain de temps. Si l’information médicale nécessaire au travail des médecins arrive de plus en plus vite et de manière plus structurée, cela ne pourra qu’améliorer la qualité de la prise en charge des patients. »

#FASN : Selon vous, le numérique améliore-t-il le dialogue entre le patient et son médecin ?

« Le numérique améliore le dialogue entre le patient et son médecin mais pas de manière fondamentale. Ce qui est fondamental, c’est la qualité du rapport humain (intellectuel et psychologique) qu’ils établissent dans cette relation particulière. Ceci ne changera pas même si nous avons les plus gros ordinateurs du monde… Par contre il y a un intérêt pour le numérique ne serait-ce que dans la gestion du temps. Toutefois, la communication patient-médecin ne doit pas systématiquement passer par une rencontre physique et le transfert d’informations, comme les résultats d’analyse ou certains rappels, peut être facilité par le numérique et bénéfique pour le patient.

Par ailleurs, les nouveaux modes d’exercice comme la télémédecine n’alterneront pas la qualité de la relation médecin-malade dans la mesure où ils ne pourront assurer que certains types de consultations. Les autres consultations nécessiteront toujours un rapport présentiel entre le patient et son médecin. »

Regards croisés sur les objets connectés santé – Interview du Dr François Jounieaux (pneumologue à Lille)

Photo Dr JounieauxDr François Jounieaux est pneumologue à Lille, spécialiste du sommeil et de la BPCO

#FASN : Quelle est votre définition d’un objet connecté santé ?

Un objet connecté, pour le médecin que je suis, est un objet qui analyse des données du patient et de son environnement, qui interagit avec le patient pour lui communiquer des informations utiles à sa santé, enfin qui collecte des informations exploitables par le médecin. Si on prend l’exemple des stations de sommeil disponibles sur le marché, le système analyse l’environnement local (température, luminosité ambiante…), détermine les heures de coucher et lever du patient, son temps et sa qualité  de sommeil de manière plus ou moins précise. Le patient peut être alerté sur une mauvaise hygiène de sommeil, des conditions environnementales non favorables, l’existence d’une ronchopathie, lui donner des conseils pour améliorer cette situation. Le médecin, quant à lui, pourrait exploiter ces données à visée statistique épidémiologique, avoir des données un peu plus objectives sur le mode de vie de son patient et enfin proposer du conseil plus médical.

Il y a une frontière floue et poreuse entre santé et bien-être. L’un ne va pas sans l’autre. Pour le sommeil par exemple, la sensation d’avoir bien dormi est aussi importante qu’une donnée signifiant que le patient a dormi un nombre d’heures suffisant sans ronfler. Pour que l’interprétation soit pertinente, il est nécessaire de prendre en compte ces deux types d’information.

#FASN : A quelle fréquence utilisez-vous des objets connectés en lien avec votre santé ?

Aujourd’hui, les objets connectés dans le quotidien d’un pneumologue libéral ne sont pas très répandus.  Il est encore rare qu’un patient utilise une application smartphone et nous transmette ses informations. Cela ne fait pas encore partie de notre quotidien. Et les objets connectés pour le sommeil ont encore beaucoup de limites, les données récoltées restent assez floues et sont peu exploitables ; ça ne remplace pas encore le matériel médical. Il y a encore une frontière énorme entre les données fournies par un objet connecté et celles que nous pouvons récolter avec du matériel professionnel tel qu’un polysomnographe par exemple.

En allergologie par contre, je sollicite souvent les patients  à utiliser des applications smartphone qui les alertent sur les pics de pollution, les pics de pollen, etc. Cela les aide pour appréhender et mieux vivre leur traitement. L’objet connecté (le smartphone) a donc ici une vertu éducative. Récupérer des infos et en donner au patient pour qu’il puisse auto-apprendre et évoluer. Cela peut donc remplacer le conseil médical sur des choses simples.

#FASN : Selon vous, quel est le degré d’utilité des objets connectés de santé ?

Il y a ce qui existe aujourd’hui et ce qui va exister plus tard. Nous avons beaucoup d’attentes sur ce qui va sortir dans les prochaines années. Pour nous médecin, le côté éducation thérapeutique par l’information que le patient va pouvoir tirer de l’objet est important car mieux se connaître, c’est mieux se soigner. Un patient qui se connaît bien, qui dispose d’une information sur son état de santé via un objet connecté va l’aider à mieux percevoir un problème et donc réagir prématurément avant que celui-ci se chronicise. L’aspect « alerte » ne remplace pas le médecin mais apportera une aide quotidienne en son absence et permettra d’alerter le patient lorsqu’il devient urgent d’aller consulter.

Dans certains domaines de la santé, comme pour l’apnée du sommeil, l’objet connecté peut avoir une vertu thérapeutique et aider le patient à changer de position pendant son sommeil pour lui permettre de respirer normalement. Enfin, dans les études statistiques, l’exploitation des données des objets connectés, du big data, représente une mine d’informations considérable et peut permettre de faire avancer la recherche.

#FASN : Selon vous, les données recueillies par les objets connectés de santé sont-elles sécurisées ?

Je ne sais pas si les données sont sécurisées. Il n’y a pas de garant de cette sécurité. Les données ne doivent pas tomber dans de mauvaises mains. Par exemple, un assureur pourrait augmenter les primes d’assurances santé en fonction de données récoltées indiquant des comportements à risque.

#FASN : Selon vous, les mesures réalisées par un objet connecté de santé sont-elles fiables ?

Cela dépend de la donnée dont on parle. Pour mesurer la température, l’objet connecté est fiable mais pour mesurer le stade de sommeil d’un patient qui dort, il n’est absolument pas fiable. Pour certaines mesures, on sait que le matériel est performant mais pas pour d’autres. La fiabilité dépend donc de ce que l’on mesure.

#FASN : Selon vous, les objets connectés de santé sont-ils accessibles en termes de prix ?

Tant que l’on reste sur des objets connectés simples qui mesurent par exemple l’activité physique, ça reste globalement accessible. Mais dès que l’objet a une étiquette médicale, il devient onéreux. Cela s’explique par l’ensemble de normes médicales que l’objet santé doit respecter. Toutefois, l’effet de la concurrence jouant et le prix des matériaux baissant, ils deviennent de moins en moins chers et de plus en plus accessibles.

Regards croisés sur les objets connectés santé – Interview de Jérôme Duvernois

duvernoisJérôme Duvernois a été directeur de la stratégie de Softway Medical et Président de la fédération LESISS, avant de rejoindre l’ASIP Santé en tant que Conseiller auprès de la Direction Générale.

Il a aujourd’hui quitté l’ASIP Santé pour créer la société de conseil « eSanté Solutions » spécialisée dans le conseil en assistance à maîtrise d’ouvrage (AMOA) à destination des établissements de santé ainsi que dans le conseil stratégique auprès des industriels de la filière e-santé.

 

#FASN : Quelle est votre définition d’un objet connecté santé ?

JD : Il peut y en avoir plusieurs en fonction du point de vue. D’un point de vue technique et industriel, un objet connecté santé est un objet habituel de la santé qu’on va connecter de manière à ce qu’il puisse échanger avec d’autres dispositifs de l’information. D’un point de vue industriel, c’est donc un objet qui va soit avoir un meilleur comportement car il va être piloté de l’extérieur par un système qui a plus de capacité que lui à déterminer les comportements, soit à l’inverse, c’est un objet qui va remonter de l’information pour alimenter un système capable de prendre des décisions plus éclairées.

Du côté utilisateur et usage, c’est un objet qui va permettre d’automatiser un certain nombre de choses. Considérons par exemple une mesure quelconque d’un paramètre biologique sur un patient dans un hôpital. Si la mesure est faite avec un objet non connecté, il sera nécessaire que l’infirmière ou l’aide-soignante prenne la mesure et la saisisse dans un système. Cela prend du temps et a un coût. Le nombre de prise de mesure dans la journée est donc limité par les moyens humains qui y sont consacrés.

L’objet connecté va se passer de l’humain pour envoyer cette information et automatiser la transmission de l’information au bon système. L’enjeu de l’objet connecté est donc la robotisation, avec toutes les conséquences que cela peut engendrer en termes de changement de paradigme.

#FASN : A quelle fréquence utilisez-vous des objets connectés en lien avec votre santé ?

Personnellement j’utilise des objets connectés en permanence. Je m’en sers notamment pour contrôler un certain nombre de paramètres biologiques tel que le poids. La mesure du poids ou du nombre de pas réalisé par jour constitue pour moi un élément de motivation pour faire attention à l’exercice que je fais, à ce que je mange et pour assurer un équilibre de vie.

#FASN : Selon vous, quel est le degré d’utilité des objets connectés de santé ?

L’objet connecté simplifie la relation à l’objet. Par exemple, les objets connectés des particuliers type balance connectée ou tensiomètre connecté permettent avec un côté gadget et innovant, d’avoir plus facilement de l’information sur soi. Et on voit la tendance des individus à prendre de plus en plus part à leur santé. Ces objets facilitent donc le « patient empowerment ». Après il y a un côté gadget, et on voit que les traqueurs d’activité ont bénéficié d’un effet de mode qui retombe aujourd’hui. On peut donc s’interroger sur l’utilité des objets connectés. Mais fondamentalement, ils sont utiles à un certain nombre de gens et l’utilité est liée à ce qu’on attend de la mesure.

Il en va autrement pour les objets connectés professionnels. A l’hôpital, ils ont une grande utilité pour deux raisons. Premièrement sur la qualité de prise en charge du patient car l’établissement est en capacité d’effectuer des mesures plus fréquentes sans augmenter les coûts. Cela amène de la valeur. Deuxièmement, il n’y a plus besoin d’une action humaine pour prendre les mesures et cela engendre un bénéfice économique en termes de ressources humaines pour l’hôpital. C’est le même bénéfice à domicile même si leur usage reste encore plus faible.

#FASN : Selon vous, les données recueillies par les objets connectés de santé sont-elles sécurisées ?

Ce n’est pas l’objet connecté en soi qui permet d’avoir des données sécurisées mais tout le système. Sur les appareils grand public (tensiomètre, balance connectée, etc.) le circuit de l’information part de l’objet et va sur le serveur de la marque, est stocké sur le serveur puis va sur l’application mobile de son utilisateur. Dans ce contexte, la donnée peut être potentiellement revendue à d’autres prestataires qui peuvent en avoir l’utilité.

La sécurité de la donnée tient donc à toute la chaîne comme toute problématique de sécurité. Ça part du « device mobile » de l’utilisateur qui doit être sécurisé (anti-virus, système d’exploitation à jour, etc.), en passant par le serveur du prestataire ainsi que par la manière dont l’information est communiquée entre l’objet connecté et le serveur.

#FASN : Selon vous, les mesures réalisées par un objet connecté de santé sont-elles fiables ?

La question de la mesure est un véritable enjeu. Certains objets sont marqués CE et déclarés dispositifs médicaux. Cela donne un certain niveau de garantie sur la fabrication, sur la qualité des mesures et offre ainsi un certain niveau de confiance. Mais cela peut être variable. Le marquage CE en soi ne donne pas de véritable garantie sur la qualité de la mesure. Actuellement, il y a quelques sociétés qui vont vers la labellisation d’objets connectés ou d’applications mobiles. Cette démarche est saine sous réserve que leur manière d’évoluer reste transparente et crédible. Cela passe autant sur l’aspect sécurité des données que celui de la fiabilité des mesures ou encore du service rendu. On peut faire aujourd’hui des objets connectés extraordinaires d’un point de vue technique mais si le service rendu est nul, il ne représente aucun intérêt.

#FASN : Selon vous, les objets connectés de santé sont-ils accessibles en termes de prix ?

C’est une question subjective. Les gens achètent des objets connectés parce qu’ils en ont besoin ou envie et parce qu’ils en ont les moyens. Cet équilibre entre besoin et pouvoir d’achat est différent pour chacun en fonction du contexte. Par exemple, je peux acheter une balance connectée très chère parce que j’en ai envie, que j’ai certains moyens et que ça me motive pour m’assurer que ma santé est bonne. En même temps, une personne qui n’a pas de problème de poids et qui n’en aura pas réellement besoin pourra la trouver, au même prix, trop chère. La question du prix dépend donc de l’utilité qu’on accorde à l’objet. Dire que les objets sont trop ou pas assez chers n’a donc pas vraiment de sens en soi. Cela dépend du contexte. De plus, il faut prendre en compte l’effet classique sur un marché d’innovation. La première phase, celle du lancement, est caractérisée par un prix très élevé rendant l’objet peu accessible. Il s’en suit une phase où les objets restent encore assez chers mais avec un élargissement de la cible. La dernière phase rend l’objet accessible ; il devient un produit de consommation courante.

Infographie sur les objets connectés santé

La campagne « Faire avancer la santé numérique » (#FASN) sonde depuis janvier 2015 les acteurs de santé sur les thématiques du numérique et de l’innovation en santé. Ces sondages sont diffusées sur les réseaux sociaux et par mailing et donnent lieu à la réalisation d’infographies. Avec 141 répondants sur la période du 15 au 26 avril 2017, voici l’infographie des résultats du sondage #FASN sur les objets connectés santé :

Tribune de Frédéric Serein, Secrétaire général du MiPih

#FASN : Pouvez-vous présenter le Mipih et ses défis sur le marché des systèmes d’informations (SI) en santé ?

1dfc9afF. Serein : « Le Mipih est un groupement d’intérêt publique (GIP). C’est important car c’est un groupement qui par nature n’existe que par son mode coopératif et son mode mutualiste, c’est-à-dire la mutualisation de ses structures et de ses moyens. 

Le but du Mipih est de permettre aux établissements de santé de relever les défis des SI en mutualisant ses coûts pour avoir la meilleure efficacité possible. Aujourd’hui le Mipih c’est 492 membres, dont un certain nombre de CHU et des établissements de toutes tailles (CH, établissements publics de santé mentale, EHPAD, GCS, etc.).

Le Mipih, c’est environ 65 millions de chiffres d’affaires sur 2016 et 500 collaborateurs sur 4 sites : Toulouse, Amiens, Reims et Bordeaux. Le groupement possède 2 domaines d’activité stratégiques qui sont l’édition de logiciel administratif (GHR, gestion administrative du malade) et le service (hébergement de données de santé, bulletins de paie). Il réalise 290 000 bulletins de paies par mois pour les hôpitaux (pas loin de la moitié des bulletins de paies des hôpitaux publics en France). »

#FASN : Les défis du Mipih sur le marché des SI en santé aujourd’hui ?

F. Serein : « Aujourd’hui, le défi est d’arriver à accompagner la loi sur la mise en place des Groupements Hospitaliers de Territoire avec deux défis majeurs : l’harmonisation et la convergence des SI.

La convergence des SI passe par les briques logiciels. Faire en sorte que les logiciels communiquent et s’harmonisent le mieux possible à travers l’identification unique du patient par exemple où le Mipih se positionne avec une avance importante. Mais aussi sur les briques techniques c’est-à-dire faire en sorte que les établissements puissent se recentrer sur les métiers, et que les maîtrises d’ouvrage puissent faire émerger les données de santé dans des lieux sécurisés et habilités, tel que le Mipih. Sans oublier la sécurité du Si et son interopérabilité. »

#FASN : Quels sont les enjeux que représente l’Occitanie (anciennement Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées) pour le Mipih ?

F. Serein : « Pour nous, Midi-Pyrénées est le bassin historique du Mipih donc le lien est naturel. Et le fait que nous soyons éditeur des solutions administratives de 80% des hôpitaux publics de la région fait que nous avons nécessité à faciliter la constitution des GHT et la communication inter-GHT.»

#FASN : Quelle est la stratégie du Mipih à court et moyen terme ?

F. Serein : « A court terme, dans la stratégie du Mipih, il y a la médicalisation du SI donc le fait que le Mipih aille sur le médico-administratif à travers une solution d’amélioration de la facturation et du codage. Il y a aussi la volonté d’être en capacité d’apporter des solutions plus globales pour les GHT intégrant le pilotage opérationnel et stratégique et permettre à chaque offre de soin public d’être le mieux ancré possible sur son territoire.

A l’horizon 2020, la stratégie du Mipih serait de faire en sorte que les SI des GHT soient harmonisés et leur permettent de développer leurs stratégies de groupe le mieux possible. »

#FASN : Comment voyez-vous l’évolution du marché des SIH à long terme ?

F. Serein : «Le marché des SI ne se rétrécit pas mais se consolide. Il devient plus mature. Cela va concentrer les activités sur les activités matures. Par contre, sur les activités innovantes et nouvelles, il faudra arriver à garder des éditeurs de plus petites tailles qui permettront d’amener des innovations à consolider dans les 10 prochaines années. C’est là qu’il faudra être relativement à l’écoute pour arriver à ce que la massification et la consolidation ne soient pas un frein à l’innovation. Il faudra permettre à des petites structures de garder des marchés de niche car les gros éditeurs ne sauraient tout faire et être les plus pertinents pour tout. Il faut que le cycle de l’innovation et de l’entreprise s’applique aussi au secteur hospitalier. »