Startups : « L’ADN de Samsung consiste à aller chercher des pépites »

Samsung Electronics a annoncé avant l’été sa volonté d’installer un « Strategy & Innovation Center » à Paris. Le « géant coréen » a développé depuis de nombreuses années une politique d’accompagnement des startups les plus innovantes en e-santé, comme l’explique Carlos Jaime directeur de la division Santé et Équipements médicaux de Samsung Electronics en France.

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Start-up : faisons le point !

Depuis quelques mois, l’actualité se prend de passion pour les start-up. Les gros titres se succèdent, porteurs des espoirs d’un pan immense de l’économie et du « Made en France ». « Ces 100 start-up où investir » dans Challenge, « Cette start-up bretonne qui se rêve en géant de la santé animale connectée » pour la Tribune ou encore « Berlin, nouvelle capitale européenne des start-up » dans La Croix. Le secteur de la santé n’y échappe pas. Mais quel sens exact donner au mot? Qu’est-ce qu’une start-up ? En quoi leur développement est-il enthousiasmant pour l’économie, pour les patients, pour la santé en général ? Nous allons tenter d’y voir plus clair.

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Start-ups et e-santé : un enthousiasme exprimé avec modération

Dans un marché de la e-santé en plein essor, les start-ups peuvent-elles se faire une place au soleil ? Ou sont-elles condamnées à rester dans l’ombre des géants du numérique ? Les fondateurs de celles que nous avons rencontrés se montrent résolument confiants.

Caty et VéroniqueCaty Ebel Bitoun, docteur en médecine et diplômée de Sciences Po Paris, spécialiste du vieillissement a exercé en médecine libérale, en EHPAD mais également dans l’industrie pharmaceutique dans des grands groupes comme directeur médical Europe responsable de programmes de recherches médicales et d’accompagnement digitaux pour les patients atteints de maladies chroniques. Véronique Brunais Le Pautremat, docteur en pharmacie, diplômée en pharmaco-économie, a travaillé pour l’industrie pharmaceutique sur des études observationnelles en tant que VP Business développement pour mettre en évidence les besoins de santé mal pris en charge. Au-delà de leur connaissance de l’industrie du médicament, elles identifient très vite une volonté commune, celle d’accompagner les seniors dans la gestion de leur santé au quotidien. « Les professionnels abordent encore trop souvent les patients par organe ou par maladie or, avec le vieillissement, il faut savoir prendre en charge les individus dans leur cadre de vie et de manière holistique, au-delà de leurs simples pathologies », témoigne Caty Ebel Bitoun.

En décembre 2014, après avoir imaginé une plateforme d’information et de prévention en ligne, interactive, individualisée et sécurisée, elles décident de concrétiser leur projet et créent ensemble la start-up Acvfit, qui offre aujourd’hui des produits et services autour de la prévention, des smart cities et du big data et qui est aujourd’hui reconnue comme une entreprise sociale et solidaire (ESS). « Si nous travaillons au développement des usages du numérique, l’accompagnement humain demeure au cœur de nos valeurs », rappelle Véronique Brunais Le Pautremat. C’est ainsi par exemple qu’un digital coach accompagne les seniors « dans leur appropriation du monde numérique. Ce n’est en aucun cas une pédagogie descendante et les digitaux coachs sont formés à un « savoir-être » spécifique.

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Sondage sur les startups et la santé numérique

Sondage sur les startups et la santé numérique

Les différentes conceptions de la démocratie sanitaire

La question de la « participation des patients » comprend deux dimensions complémentaires qu’il faut pouvoir distinguer pour la bonne compréhension des enjeux. Elle renvoie en effet au choix du mode de régulation privilégié du système de santé et donc, vu l’importance du sujet, au modèle de société privilégié.

La participation individuelle. Elle concerne la participation d’un patient dans la prise en charge médicale et soignante qui lui est « proposée » et non plus seulement imposée. L’accent est mis ici sur la relation individuelle entre le patient ou le malade et un ou plusieurs professionnels de santé. Mais il faut distinguer « patient empowerment » et « patient engagement » ou en français « participation du patient ».
L’empowerment du patient met en avant son statut de « consommateur » exerçant un libre choix. Grâce notamment à la e-santé, le patient devenu « consommateur éclairé » serait le mieux placé pour acheter des services dont il connaîtrait en temps réel la valeur. Citons, à l’origine du concept de DMP aux États-Unis (Personal Health Record), la création d’une épargne personnelle qui se serait substituée à l’assurance collective en vu d’introduire des mécanismes de marché. Le projet de «Personal Heath Account » a bien été abandonné pour être d’ailleurs remplacé par son opposé avec l’élargissement de l’assurance maladie dans la réforme « Obamacare ». Mais le projet consumériste trouve de nouveaux soutiens : grâce à sa composante mobile et « personnelle » la mSanté est aussi présentée comme un nouveau vecteur de la transformation consumériste des patients (également dénommée « disruption » ou « ubérisation »).
L’engagement ou la participation pour la codécision s’inscrit dans un cadre organisationnel bien défini et régulé : celui d’une organisation de soins qui entend développer la codécision entre patients et soignants. Le recours à l’e-santé fait la part belle à une offre de services qui permet à l’usager ou à l’assuré de se repérer, de choisir les options disponibles, de s’informer et de se former. Sans pour autant transformer les patients en consommateurs libres et indépendants, une liberté de choix peut être introduite. Les patients peuvent décider, avec les soignants, de privilégier certains services en fonction de leur propre appréciation de leurs besoins. En Angleterre, un « budget personnel » agrégeant dépenses de santé et dépense sociales est désormais mis à disposition de certains patients chroniques. Mais le choix du patient nécessite cependant un véritable coaching et les personnes des secteurs de la santé et du social, appelés à travailler ensemble, sont impliquées aussi bien que les aidants. Cette approche prend en compte à la fois la complexité et la variabilité des éléments déterminant les choix individuels.

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Forums, réseaux sociaux, données de santé, … Des outils démocratiques ?

« Le numérique en santé, c’est acté. Pour le numérique en démocratie sanitaire, il faudra attendre un peu… » Ce n’est pas nous qui l’écrivons, mais Claude Chaumeil qui l’affirme, président de l’antenne du 92 de l’Association Française des Diabétiques. Il faut dire que, si la démocratie sanitaire est entrée dans les mœurs, elle n’en reste pas moins une notion récente, appliquée et mise en œuvre depuis seulement quelques années. Aujourd’hui, elle n’en est donc qu’à ses débuts. « On reste souvent bloqué au niveau des recommandations, des avis donnés, pas forcément pris en compte quand les dossiers arrivent plus haut. Sans compter que le discours dans les CRSA est très technocratique. Les débats se déroulent entre experts, dans un langage pas forcément accessible aux représentants des patients qui bénéficient de toute façon d’un temps de parole limité. Sans secrétariat ni cabinet pour éplucher les dossiers, le patient se sent souvent bien seul, avec le sentiment de servir de bonne conscience » confie Claude Chaumeil. Et pourtant, il y croit ! « Les usages numériques vont accélérer la démocratie sanitaire» s’exclame-t-il !

Internet et les réseaux sociaux fomenteraient-ils une révolution ? En accélérant la communication et en renversant le schéma de pensée, ils se préparent en effet à faire de la démocratie sanitaire une réalité augmentée.

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Sondage sur le numérique au service de la démocratie sanitaire

Sondage sur le numérique au service de la démocratie sanitaire