6 juillet 2018 FASN

#FASN : « La santé numérique doit faire avancer la santé tout court » (M-A. Montchamp, CNSA)

FASN MONTCHAMPLa première étape de la campagne FASN 2018 (« Faire Avancer la Santé Numérique ») est consacrée au(x) parcours de vie. L’agora d’ouverture plaçait la journée sous l’impact de l’ère numérique sur les parcours de vie en questionnant les enjeux et les perspectives à moyen terme, à savoir d’ici 2022.

Marie-Anne Montchamp, Président de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) a fait part de sa vision des parcours et de la manière dont le numérique peut les faire évoluer. Elle a ouvert l’échange en soulignant le rôle d’auxiliaire des outils et de la santé numérique dont la raison d’être est de « faire avancer la santé tout court » et contribuer à la transformation du système social en permettant de mobiliser toutes les parties prenantes et notamment le principal intéressé – le bénéficiaire final, à savoir le patient.

La transformation du système de protection sociale passera par des réponses aux questions de l’efficience, de la performance et de la qualité. Les outils numériques peuvent en être des catalyseurs. Il reste à déterminer aujourd’hui de quelle façon. À ce titre, Marie-Anne Montchamp saluait la démarche de FASN visant à réunir l’ensemble des cateurs pour faire émerger de nouvelles idées, la citant comme la méthode la plus vertueuse.

Le parcours dans toutes ses formes

Le discours d’ouverture a été prononcé par Cécile Lagardère, associée chez Care Insight. Elle a expliqué que cette édition de la campagne FASN revêt un caractère national. Elle vise à mettre la personne au cœur des discussions et des préoccupations des acteurs dans l’objectif de décloisonner le sanitaire, le médico-social et le social.

Au cours de 7 ateliers et d’une agora, 30 intervenants réunissant des institutionnels, des industriels et des professionnels de santé se sont réunis afin de partager leur vision du parcours.

Le parcours de vie, le parcours de santé, le e-parcours constituent un sujet d’actualité et sont rendus possibles grâce notamment au numérique et aux données favorisant l’échange entre les différentes parties prenantes et enfin une meilleure coordination entre elles.

Le virage numérique doit être au service du patient et d’une prise en charge efficace

Marie-Anne Montchamp présidente de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et ancienne secrétaire d’État au Handicap a ouvert la séance. Elle a rappelé que le parcours n’a de sens que s’il sert mieux le bénéficiaire du système de santé – le citoyen qui doit être au cœur de tout.

Selon elle, faire avancer la santé numérique revient à faire avancer la santé dans son acception la plus large, au bénéfice du patient. La question de la santé numérique se pose si on se pose la question du bénéficiaire des politiques de santé. Elle soulignait que le véritable enjeu consistait à déterminer comment le déploiement, la vulgarisation, la sophistication, l’aménagement et l’intégration des outils numériques dans des stratégies plus large allait se répercuter sur le citoyen-patient.

Performance, efficience, coût de la non-qualité et patient-acteur

« Nous nous trouvons à un moment crucial où notre système de protection sociale, à la croisée de chemins, doit se transformer », affirme-t-elle. De même, les organisations publiques et privées du secteur doivent réfléchir à leur transformation et à cet effet se poser la question de la performance, de l’efficience et du coût de la non-qualité.

Par ailleurs, l’outil numérique doit être au service d’un engagement accru du patient dans le système qui est amené à devenir de plus en plus acteur de son parcours de santé et de son parcours de vie jusqu’à en devenir co-auteur.

Quelle transformation du système de santé ?

La transformation du système français n’obéit pas à un modèle préétabli de transformation industrielle et ceux qui produisent aujourd’hui des réponses à la question de sa transformation doivent avoir conscience du fait qu’ils sont en train de produire des réponses de demain et portent la transformation.

En quoi l’outil numérique peut-il contribuer à la transformation du modèle de protection sociale ?

Selon la présidente de la CNSA, l’outil numérique doit donner aux parties prenantes le sentiment d’être acteurs de la transformation en garantissant leur adhésion. Il doit en outre aider à résoudre des questions de la transversalité.

La question que l’on doit se poser est de savoir comment opérer le basculement dans les équilibres du modèle social actuel à partir d’outils numériques qui permettront d’intégrer dans la stratégie de santé une « stratégie de prendre soin » en même temps qu’une « stratégie de soins ». Ceci est particulièrement vrai dans le cadre des pathologies chroniques, car les citoyens attendent que les années gagnées en termes d’espérance de vie soient des années qui vaillent la peine d’être vécues.

En quoi l’outil numérique peut-il contribuer à faire émerger des réponses contingentes aux redoutables équations territoriales et sous-territoriales que la France doit résoudre demain, avec une géographie et une sociologie territoriales, mais au fonds une politique de santé publique partagée.

Pour résumer, le système de soin doit être extrêmement « personnaliste » avec une réponse individualisée, « terriblement contingent » pour apporter une réponse localisée, s’inscrivant au sein du territoire d’un bénéficiaire, et à la fois solidaire en apportant des réponses qui se compensent les unes et les autres et créent de nouvelles solidarités.

L’outil numérique pas générateur, mais catalyseur de la transformation

Le numérique n’est pas une réponse en soi à toutes ces questions, mais il peut contribuer à la mise en œuvre efficace des différents aspects de la transformation.

Il faut maintenant définir les conditions de sa contribution sur le plan de sa conception, dans son orientation, sa diffusion, son évaluation pour arriver à réaliser les conditions de la vaste transformation du système de santé.