12 juillet 2018 FASN

#FASN : « Le parcours va au-delà de la prise en charge des maladies chroniques » (S. Martinon, ANAP)

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À l’occasion de la première édition de la campagne FASN 2018 dédiée au parcours de soin, Sophie Martinon, directrice générale de l’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP) a exposé la vision de l’ANAP sur les parcours et la coordination des acteurs de l’écosystème sanitaire et médico-social.

Le concept de départ étant le parcours de soin – qui a évolué vers le parcours de santé et de façon encore plus générale vers le parcours de vie – doit être compris aujourd’hui dans sa dimension la plus large possible.

Au cours de son intervention, Sophie Martinon a notamment abordé les thématiques suivantes :
• la place de la France par rapport aux autres pays développés : elle leur emboîte le pas sans accuser de retard ;
• le parcours de santé qui ne s’inscrit pas uniquement dans la charge des maladies chroniques : elle a cité des travaux de l’ANAP qui ont fait émerger les aspects convergents des parcours dans les domaines aussi variés que la santé mentale ou la chirurgie, qui témoignent de l‘intérêt des parcours de santé s’inscrivant dans les parcours de vie ;
• les enjeux de la structuration des parcours de soin  : ils sont liés à l’organisation entre professionnels, l’outil de structuration et le financement qui y est associé.

La France affiche le même stade d’avancement que les grands acteurs internationaux

Selon Sophie Martinon, les réflexions et les projets menés à l’heure actuelle par les organes institutionnels français sur la thématique des parcours en santé correspondent au niveau des réflexions menées à échelle internationale. Ils s’inscrivent dans les mêmes tendances du fait de la confrontation aux mêmes problématiques : vieillissement de la population, développement des maladies chroniques, amélioration de la prévention et efficience du système de protection sociale.

Ainsi, face à ces problématiques internationales convergentes, l’OMS a créé en 2016 un cadre stratégique en faveur des soins intégrés (Integrated Care) avec deux axes notamment : la réorientation des modes de prise en charge (leur évolution) d’une part, et la coordination non seulement des services de santé mais également des services médico-sociaux.

Cette approche a été reprise par l’OCDE en 2017 et a été traduite dans le système française sous forme de PAERPA.

La structuration des parcours de santé non exclusivement réservée à la prise en charge des maladies chroniques

La vision consistant à inscrire le concept de parcours dans le cadre de maladies chroniques est réductrice à l’heure actuelle, juge Sophie Martinon. Le parcours doit être compris dans sa dimension transversale pour comprendre ses retombées positives dans différents domaines système de la santé.

L’ANAP a eu l’occasion de travailler sur des équipes pionnières en matière de développement de protocoles dans deux domaines notamment à savoir la réhabilitation après chirurgie (RAC) ou la réhabilitation psycho-sociale. Il s’agit de protocoles améliorés de réhabilitation.

L’objectif était d’identifier des invariants organisationnels, des évolutions et des tendances similaires dans le champs de la chirurgie et de la santé mentale en l’occurrence. Six principes ont émergé de cette expériences :

  • la prise en charge de la personne dans la globalité et dans son cadre de vie : dans le cas de la RAC, un travail en amont et en aval à domicile s’imposait (habitudes de vie, nutrition, etc.)
  • le retour au cadre ordinaire de la vie de la personne : l’accompagnement psycho-social vise à assurer le retour à l’environnement ordinaire de la personne avec la reprise d’une activité professionnelle ;
  • repositionnement d’un soin dans le parcours de vie : encourager les actes mini-invasifs en chirurgie ou proposer une thérapie de remédiation cognitive permettant une réinsertion la plus rapide possible ;
  • synergie de différents acteurs de santé : intégration au sein d’une équipe traditionnelle de professionnels tels des diététiciens et le kinésithérapeute dans le cadre d’une chirurgie ;
  • évolution des compétences des professionnels dans un cadre plus collaboratif pour développer les échanges où l’enjeu du numérique prend tout son sens au service d’approches coopératives et de structuration de parcours. qui amène à une désinstitutionnalisation des patients.

L’intégration des parcours de soins dans les parcours de vie est un enjeu structurant du système de santé.

Les 3 enjeux de la structuration des parcours

D’après la directrice générale de l’Agence nationale d’appui à la performance, la structuration des parcours présente trois enjeux qui se superposent et se renforcent les uns les autres :

  • l’organisation : savoir comment les professionnels choisissent de structurer leur parcours. Pour que l’organisation choisie soit optimale, des prérequis existent comme l’instauration d’une relation de confiance entre les professionnels de différents secteurs (sanitaire et médico-social), alimentée lors de réunions et de discussions multipartites au sein d’un territoire notamment ;
  • l’outillage : il doit garantir une structuration systémique et sa pérennisation et l’outil numérique peut apporter une réponse aux parcours complexes et à la coordination usuelle quotidienne autour d’un patient
  • le financement : le financement expérimental rendu possible par l’article 51, qui n’est pas forcément une nécessité à un stade précoce, mais peut permettre de lever certains obstacles et donne un signal d’encouragement aux acteurs.

Les questions organisationnelles entre les différents professionnels de santé sont un préalable extrêmement important à la structuration de parcours efficaces.