18 décembre 2015 FASN

Hôpital numérique: le projet de certification des logiciels a été abandonné (DGOS)

(Par Morgan BOURVEN, aux 36h Chrono Grand Nord)

LILLE, 18 décembre 2015 (TICsanté) – Le projet de certification des exigences fonctionnelles des logiciels hospitaliers a été abandonné faute d’implication des industriels et des établissements de santé, a annoncé Franck Jolivaldt, chef du bureau des systèmes d’information des acteurs de l’offre de soins à la direction générale de l’offre de soins (DGOS), lors de la journée 36h Chrono Grand Nord organisée à Lille mercredi.

Cette journée, organisée par le cabinet de conseil Care Insight, s’inscrit dans le cadre de l’initiative « Faire avancer la journée numérique » (FASN), qui a déjà fait étape à Bordeaux et Strasbourg, rappelle-t-on (voir nos dépêches sur l’initiative FASN). La prochaine étape aura lieu à Lyon à la mi-mars.

Lors d’un atelier consacré au programme Hôpital numérique, Franck Jolivaldt est revenu sur le dispositif de labellisation des logiciels destinés aux hôpitaux annoncé en avril 2014 (voir dépêche du 8 avril 2014). Le dispositif d’évaluation du système de management de la qualité (SMQ) des industriels du secteur est prêt, a-t-il confirmé (voir dépêche du 25 août). Les organisateurs certificateurs habilités à délivrer la certification ont été notifiés et l’évaluation va pouvoir débuter.

Mais sur le second volet du dispositif, consacré aux exigences fonctionnelles des logiciels, « on s’est planté », a déclaré sans ambages Franck Jolivaldt. Ce chantier visait à évaluer les blocs fonctionnels attendus des systèmes d’information hospitaliers (SIH) pour faciliter la sélection des produits par les établissements.

Les travaux sur ce volet ont été abandonnés il y « six mois », a précisé le représentant de la DGOS. Désamorçant les accusations « d’immobilisme » des autorités, il a expliqué que les groupes de travail ne réunissaient « plus grand monde côté industriel, et plus grand monde non plus, voire personne, côté établissements de santé et utilisateurs ».

« Peut-être que la démarche était trop compliquée, que l’ambition était trop forte », a-t-il analysé, avant de souligner que « quand il y a un vrai besoin, les gens sont extrêmement motivés et trouvent le moyen d’y aller ». Finalement, le besoin « n’était peut-être pas là ».

L’arrêt du chantier s’est fait « de façon collective, en copil [comité de pilotage], avec des fédérations d’établissements et des industriels », a-t-il précisé. « Ce n’est pas la DGOS qui a dit ‘On arrête’, nous avons collectivement décidé de stopper ce chantier car on n’y arrivait pas. »

Ce coup d’arrêt « ne veut pas dire qu’on arrête tout », a-t-il poursuivi. « On s’y remettra, peut-être de façon différente ».

Franck Jolivaldt a lancé un appel aux sociétés savantes pour qu’elles fassent part de leurs besoins. « Je pense qu’un chantier d’homologation ne se fait pas avec les directeurs des systèmes d’information et des industriels, mais avec les utilisateurs finaux », insiste le chef du bureau systèmes d’information. « Les sociétés savantes connaissent le métier, et c’est finalement elles qui peuvent amener le départ de l’homologation, pas le technique ».

Cette démarche a déjà été engagée par la Société française de néonatologie (SFN), qui s’est rapprochée de la DGOS pour travailler sur les besoins en matière de système d’information dans ce secteur très technique, a indiqué à l’APM Franck Jolivaldt, à la suite de l’atelier.

Ce travail, mené avec le concours de l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (Asip santé), ne débouchera pas forcément sur une labellisation, mais pourrait prendre la forme d’un référentiel ou d’un cahier des charges fonctionnel.

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