30 août 2016 FASN

La Réunion, le nouveau challenger de la French Tech

Labellisée fin juillet, l’île parie sur l’Afrique et l’e-santé pour se développer. Elle organise NxSE les 24 et 25 novembre, premier Salon d’envergure consacré au digital à la Réunion.

Murs colorés, affiches rétro, vélos posés à l’entrée, à disposition des salariés, pas de doute, ici, on joue à fond l’ambiance start-up. Ici, à Saint-Denis de la Réunion, c’est chez Médialight, société spécialisée dans la création de sites Internet. Son directeur, Philippe Arnaud, est aussi président de Digital Réunion, principale association regroupant les acteurs de la tech et du numérique de l’île. Sur son bureau, trône fièrement un thermos «French Tech». Normal, l’île a reçu le label le 25 juillet dernier.

Infrastructures en place

Avec près de 850.000 habitants, l’île de La Réunion est plus connue pour sa production de canne à sucre, premier produit d’exportation, et son tourisme que pour son écosystème de start-up. Et pourtant. «On en comptabilise aujourd’hui une quinzaine, dont trois qui ont déjà acquis une certaine maturité», explique Philippe Arnaud. Un écosystème encore naissant, mais qui peut compter sur des infrastructures moderne : la 4G doit faire son arrivée officielle au 1er décembre 2016, et « il est déjà possible de se relier à la fibre optique dans les villes de Saint-Denis, Sainte-Marie, Saint-André, et bientôt à Saint-Leu», ajoute Mireille Helou, directrice de Orange Réunion Mayotte. L’île dispose aussi de plusieurs incubateurs, comme la Technopole de la Réunion, à Saint-Denis , mais aussi d’espaces de coworking, comme le Transfo, à Saint-Pierre, géré par la Chambre de commerce et d’ndustrie (CCI).

Manque d’investisseurs privés

«Le problème, c’est que certains ont du mal à passer du stade de porteur de projet à celui d’entrepreneur», résument Anne-Laure Payet et Isabelle Albert, deux entrepreneuses de l’île qui viennent de lancer la branche réunionnaise de Girls in Tech, réseau de femmes entrepreneuses de la « tech ». Si la région aide les entrepreneurs via Nexa, l’Agence régionale de développement, d’investissement et d’innovation de La Réunion, l’île manque encore d’investisseurs privés. On en compte aujourd’hui deux principaux, Apicap et ACG Management. «Pour le startupper qui se lance, la difficulté n’est pas de trouver des subventions, mais des aides d’amorçage», insiste Isabelle Albert.

Pour s’imposer comme un territoire de start-up, La Réunion fait un pari double (Dimitri Payet mis à part). Il y a d’abord l’Afrique, continent le plus proche de l’île, longtemps boudé par la métropole, mais que l’association Digital Réunion compte bien remettre dans le jeu. «Nous avons des liens anciens avec l’Afrique du Sud, nous pourrions les développer encore plus», assure Philippe Arnaud. Il y a, ensuite, l’expertise de l’île dans le domaine de l’e-santé, qui s’explique par le rayonnement du CHU de Saint-Denis et les ponts, nombreux, entre recherche et entrepreneuriat. Avec des projets-phares comme l’échographe pour Ipad (voir ci-dessus), ou Logipren, logiciel dédié aux nouveaux-nés pour les hôpitaux. Ce n’est donc pas un hasard si la candidature de l’île au label French Tech s’est faite autour de la thématique de l’e-santé.

Article paru sur Les Echos Entrepreneurs le 29 août 2016 : http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/communaute/0211232468826-la-reunion-le-nouveau-challenger-de-la-french-tech-213532.php?fsywDyrb2LeYPcOR.99