16 mars 2015 FASN

L’hébergement des données de santé

Dans le secteur de la prise de rendez-vous en ligne, l’une des plus belles réussites est Doctolib. Fondée en octobre 2013, la start-up, qui emploie aujourd’hui 70 salariés, enregistre les coordonnées de 1 500 praticiens et la visite en ligne d’un million et demi de patients chaque mois. A noter que la société a bénéficié des soutiens du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, de la Ville de Paris et du Fonds social européen à travers Agoranov.

Concrètement, chaque médecin s’abonne au service – l’abonnement comprend un logiciel de gestion de rendez-vous, le rappel des rendez-vous aux patients par SMS et mail, le blocage des patients qui n’ont pas honoré deux rendez-vous, la gestion de la visibilité de l’agenda – pour 99 euros TTC par mois. D’autres, comme clirdv.com détenu par le groupe Pages jaunes, par exemple, ont opté pour un abonnement progressif en fonction des services proposés.

A la question de savoir si ces derniers vont remplacer les secrétaires médicales, Stanislas Niox-Chateau, PDG fondateur de Doctolib, répond par la négative : « Nos praticiens abonnés ont tous gardé leur secrétaire qui peut ainsi se consacrer davantage à l’accueil des patients ».

L’arrivée de nombreux concurrents sur ce marché n’est pas non de nature à émouvoir ce jeune chef d’entreprise : « Nous enregistrons des chiffres 20 fois supérieurs au deuxième site présent sur le marché. Et nous sommes hébergeurs de données de santé, ce qui n’est pas le cas de tous…. ». De ce point de vue, si l’activité est strictement encadrée par la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, peu de recommandations ont été émises à l’attention des professionnels de santé ou des patients et usagers.

Seule la Charte de conformité déontologique applicable aux sites web professionnels des médecins publiée le 30 janvier 2014 par le Conseil national de l’Ordre des médecins rappelle quelques principes à respecter pour éviter tout contentieux : une configuration de l’agenda « strictement limitée » à la prise de rendez-vous et ne comportant donc pas de « zone d’expression de symptômes ou de tout autre motif » ; l’affichage du contact téléphonique du médecin en cas de situation analysée comme urgente ou confuse par le patient ; la possibilité pour l’internaute d’adresser un message au responsable du site ; ou encore la présence d’une mention stipulant que les messages ne sont pas lus en temps réel.

1 – Données France-Comté 2011 : 1 887 médecins libéraux dont 1140 généralistes et 747 spécialistes, qui génèrent 4 093 actes annuels en moyenne par généraliste, soit 79 actes/semaine et 2 022 actes moyens par spécialiste, soit 40 actes/semaine.

Stanislas Niox-Chateau, fondateur et Directeur général de Doctolib

« Trois raisons m’ont poussé à créer Doctolib. En premier lieu, ayant participé au lancement et au développement de plusieurs startups, dont Lafourchette.com, nous avions l’expérience de la prise de rendez-vous en ligne . Ensuite, j’ai été séduit par les modèles qui se développaient en dehors de l’Europe, au Japon, en Corée et aux Etats-Unis notamment. Enfin, une demande très forte était exprimée à la fois par les patients et les professionnels de santé qui consacrent jusqu’à un tiers de leur temps à la gestion de tâches administratives. Nous avons enregistré la visite de 1 400 000 patients au cours des 30 derniers jours. Ces résultats sont bien au-delà de nos objectifs. Doctolib réalise entre 30 et 50% de la prise de rendez-vous des professionnels de santé abonnés. Notre expansion repose sur le bouche-à-oreille et sur la communication locale auprès des professionnels de santé. Nous comptons 11 bureaux répartis sur l’ensemble du territoire, à Lille, Strasbourg, Nantes, Rennes…. Nous souhaitons maintenant amplifier notre développement auprès des cliniques privées ».