L’hôpital du futur, nouvelle priorité stratégique du système de santé

En plus d’une évolution démographique et épidémiologique, le système de santé français traverse une mutation des pratiques, en grande partie générée par le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Comment intégrer ce développement dans l’organisation des ressources humaines et matérielles des établissements de santé ? La réponse se trouve dans le changement de perspective opéré par certains hôpitaux abandonnant la logique « Diagnostic – Soins » au profit d’une autre intégrant le parcours de vie de manière cohérente au passage à l’hôpital : « Prévention – Soins – Suivi ». Ainsi réfléchir à l’intégration du numérique au sein de l’hôpital du futur se résume à évaluer la potentialité du numérique selon ces trois chemins.

Le personnel médical consacre entre 25 et 50% de son temps à communiquer, il est donc essentiel que la qualité, l’efficacité et la sécurité des échanges d’informations soit garantie en milieu hospitalier. De plus, les NTIC jouent un rôle d’intégration des professionnels de santé en ville : médecins libéraux, laboratoires, pharmacies qui échangent des données confidentielles sur le patient pour garantir un parcours cohérent.

Grâce aux NTIC, il est désormais possible d’obtenir certaines données vitales du patient à distance. La chirurgie ambulatoire se développant rapidement (66% d’ici 2022), le suivi numérique pourrait permettre une intégration accrue des professionnels de santé (établissements de santé et ville) dans le parcours de soins après le passage à l’hôpital.

L’organisation de l’hôpital du futur doit être souple et modulable en fonction des données récoltées au fil du temps (prévoyance organisationnelle selon la période de l’année, du profil épidémiologique de la population environnante, réaction en situation particulière). Comme plusieurs entreprises l’avaient proposé en réponse à l’appel à manifestation d’intérêt sur l’hôpital numérique du futur lancé en juin 2017 par l’AP-HP et le CHU de Nantes, il est aujourd’hui techniquement possible de créer un « double numérique » de l’hôpital afin de simuler des mises en situations réalistes sans perturber la vie de l’hôpital.

La stratégie « Hôpital Numérique » mise en place en 2012 par la DGOS pour une durée de 6 ans a permis de définir un plan de développement et de modernisation des systèmes d’information hospitaliers (SIH). Ce plan avait pour but de définir les priorités et les objectifs à atteindre début 2018 : mutualisation des systèmes d’information, renforcement des compétences des équipes, soutien des projets innovants au sein des hôpitaux, etc. La démarche était accompagnée d’un plan de financement spécifique aux besoins des établissements. Ce programme va se prolonger cette année avec le plan Hop’EN 2018-2022 qui comportera de nouveaux prérequis en matière d’échange et de partage d’informations entre les établissements : quelles sont les évolutions de ce programme par rapport au précédent, et quelle sont les éléments qui le placent dans sa continuité ? Telles sont les grandes questions qui seront traitées lors des 36 Heures Chrono Hôpital du Futur du 20 septembre 2018 à Paris.

Découvrez les projets e-santé qui font avancer l’organisation de l’hôpital du futur dans les territoires :

Programme e-parcours

DGOS

Le programme « e-parcours » aura pour objectif d’améliorer la prise en charge des patients et de faciliter les échanges entre les professionnels de santé. Les solutions numériques testées pendant 3 ans dans le cadre du programme « Territoire de soins numérique » seront ainsi proposées aux professionnels médico-sociaux et sociaux à travers toute la France à l’horizon 2021 (prise de rendez-vous dématérialisée, géolocalisation des équipes mobiles, gestion et disponibilité des lits, etc.). 150 millions d’euros seront engagés sur la période 2017-2021 à destination des Agences régionales de santé (ARS) chargées de piloter le déploiement au sein de leur région, dont 20 millions d’euros dès 2017

Implantation : nationale
Porteur : DGOS
Budget : 150 M €
Visée : améliorer la prise en charge des patients et de faciliter les échanges entre les professionnels de santé.
Solution : solutions numériques (prise de rendez-vous dématérialisée, géolocalisation des équipes mobiles, gestion et disponibilité des lits, etc.)

Programme e-Hôp 2.0

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Le programme « e-Hôp 2.0 » permettra de développer les systèmes d’information des établissements de santé. Concrètement, il s’agira de soutenir financièrement, dans le prolongement des actions engagées dans le cadre du programme « Hôpital numérique », le développement de solutions numériques visant à faciliter les liens des établissements avec les patients et avec les établissements partenaires (prise de rendez-vous et résultats d’analyses en ligne, compte rendu d’examen d’imagerie, etc.). Au total, 400 millions d’euros seront investis jusqu’en 2021.

Implantation : nationale
Porteurs : DGOS
Budget : 400 M €
Visée : développer les systèmes d’information des établissements de santé
Solution : systèmes d’information hospitaliers (prise de rendez-vous et résultats d’analyses en ligne, compte rendu d’examen d’imagerie, etc.)

eCERVEAU

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eCERVEAU est un Système d’Information Décisionnel permettant de produire l’information de veille sanitaire et de l’analyser afin d’organiser au mieux les ressources hospitalières de la région. Le projet eCERVEAU permet la remontée de données d’activité Urgences, et l’automatisation de la remontée de certaines informations telles que les disponibilités en lits ou les données d’activité SAMU. Une version mobile, permet aux professionnels de visionner un coup d’oeil l’état de leur service et des établissements de la région.

Implantation : Île-de-France
Porteurs : GCS SESAN
Budget : NC
Visée : ’organiser au mieux les ressources hospitalières de la région
Solution : système d’information décisionnel

Dossier Médical Partagé (DMP)

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Le DMP (Dossier Médical Partagé) représente le carnet de santé numérique, accessible sur internet et totalement sécurisé. Il contient les informations personnelles de santé nécessaires au suivi du patient (traitements, antécédents médicaux et chirurgicaux, comptes-rendus hospitaliers et de radiologie, résultats d’examens…) et permet aux professionnels de santé, après accord du patient, d’accéder aux informations utiles à sa prise en charge.

Le DMP permet également de partager avec d’autres professionnels de santé des informations médicales concernant le patient.

Implantation : nationale
Porteurs : Caisse nationale de l’Assurance Maladie (CNAM)
Budget : NC
Visée : permettre aux professionnels de santé, après accord du patient, d’accéder aux informations utiles à sa prise en charge et de partager des informations médicales concernant le patient
Solution : carnet de santé numérique, accessible sur internet et totalement sécurisé

Messagerie sécurisée de santé (MSSanté)

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Depuis 2012, l’ASIP Santé, sur la base d’un travail mené avec l’ensemble des ordres des professions de santé (médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, infirmiers), met au point un système de messageries sécurisées de santé. Il est réservé à l’ensemble des professionnels de santé et leur permet d’échanger entre eux et par mail des données de santé à caractère personnel. Les solutions de messageries sécurisées déjà existantes peuvent rejoindre l’espace de confiance MSSanté et permettre ainsi à leurs utilisateurs d’échanger entre eux en toute sécurité. Afin de garantir le respect des solutions déjà existantes, la conception du système s’est appuyée sur une large concertation menée avec les acteurs industriels (éditeurs de messageries, éditeurs de logiciels…) et professionnels (représentants des professionnels de santé, fédérations…).

Implantation : nationale
Porteurs : Asip Santé
Budget : NC
Visée : permettre aux professionnels de santé d’échanger entre eux et par mail des données de santé à caractère personnel
Solution : solution de messagerie sécurisée