23 février 2015 FASN

Tour d’horizon des pratiques à l’étranger en matière d’éducation thérapeutique du patient

Les programmes d’éducation thérapeutique des patients tels que la Haute Autorité de Santé (HAS) et les ARS les conçoivent ne trouvent pas de stricts équivalents à l’étranger. Toutefois, les rôles et les responsabilités des patients ont énormément évolué ces dernières années, en raison notamment du développement des maladies chroniques. Les patients sont de plus en plus intégrés dans les processus de prise en charge. Dans ce cadre, l’accès à l’éducation thérapeutique ainsi qu’à l’information ciblée deviennent une priorité dans nombre de pays.

Aux Etats-Unis, le recours aux outils numériques dédiés à l’éducation thérapeutique a tout simplement explosé. Cette évolution est due au programme Medicare qui conditionne les paiements à divers indicateurs, dont la capacité des organisations de santé à offrir de l’éducation thérapeutique quasiment en temps réel à leurs patients. Il est par ailleurs important de noter que l’ETP est l’une des composantes des services évalués, au même titre que la satisfaction du patient, la qualité des soins ou le taux de réadmission.

Au Danemark, la refonte du système de santé pour l’adapter aux nouvelles technologies fait partie d’un plan programmé sur 10 ans. Son but : organiser la prise en charge des citoyens autour de leurs besoins et de leur disponibilité avec un leitmotiv, « l’empowerment ». Pour ce faire, une messagerie sécurisée permettant aux patients de discuter avec leur médecin de leurs traitements et de leurs options est actuellement déployée. Des réseaux sociaux pour les patients sont également disponibles sur le site sundhed.dk qui leur donne par ailleurs accès à leurs données de santé ainsi qu’à plus de 2.000 articles référencés pour renforcer leur éducation. Plusieurs initiatives concernant les serious games ont également été mises place, la plus pertinente semblant être celle menée par l’Hôpital Universitaire d’Odense, qui après plus de deux années de projets et d’études a mis en ligne divers jeux à destination des enfants et des adultes.

L’Ecosse a également pris le tournant du numérique et de l’ETP. L’utilisation des technologies y est largement développée. La National Health Service (NHS) a même mis en ligne divers tests pour s’assurer du niveau de connaissance des patients sur leurs pathologies. Il leur est ensuite proposé diverses options d’accompagnement numérique selon leurs résultats, le but consistant à les aider à mieux comprendre, à anticiper et à choisir les options de traitements disponibles selon leur disponibilité, le stade de la maladie et les risques de comorbidités.

En Angleterre, devant la multiplication des applications en ETP et des applications wellness, la NHS a décidé en 2013 de développer une plateforme de téléchargement afin d’aider les citoyens à choisir des outils numériques. Les applications sont toutes testées par les membres d’un comité d’éthique composé de patients, de professionnels de santé et de spécialistes IT, avant d’être référencées sur la plateforme. Chaque application doit répondre à des normes définies par la NHS (intérêt pour le public, qualité de l’information et sécurité des données conformes à la législation en vigueur). Une grande campagne d’information a été menée auprès du grand public et des professionnels de santé pour les informer de cette initiative.

Les nouvelles technologies au service de l’éducation thérapeutique sont donc en plein essor et les pays qui en ont adopté le plus sont le plus souvent ceux qui ont largement investi dans les systèmes d’informations en santé.

En promouvant un modèle de soins intégrés, notamment pour les patients souffrant de maladies chroniques (Integrated Care), la Commission européenne elle-même encourage fortement le développement de ces outils.