25 janvier 2017 FASN

Tribune de Frédéric Serein, Secrétaire général du MiPih

#FASN : Pouvez-vous présenter le Mipih et ses défis sur le marché des systèmes d’informations (SI) en santé ?

1dfc9afF. Serein : « Le Mipih est un groupement d’intérêt publique (GIP). C’est important car c’est un groupement qui par nature n’existe que par son mode coopératif et son mode mutualiste, c’est-à-dire la mutualisation de ses structures et de ses moyens. 

Le but du Mipih est de permettre aux établissements de santé de relever les défis des SI en mutualisant ses coûts pour avoir la meilleure efficacité possible. Aujourd’hui le Mipih c’est 492 membres, dont un certain nombre de CHU et des établissements de toutes tailles (CH, établissements publics de santé mentale, EHPAD, GCS, etc.).

Le Mipih, c’est environ 65 millions de chiffres d’affaires sur 2016 et 500 collaborateurs sur 4 sites : Toulouse, Amiens, Reims et Bordeaux. Le groupement possède 2 domaines d’activité stratégiques qui sont l’édition de logiciel administratif (GHR, gestion administrative du malade) et le service (hébergement de données de santé, bulletins de paie). Il réalise 290 000 bulletins de paies par mois pour les hôpitaux (pas loin de la moitié des bulletins de paies des hôpitaux publics en France). »

#FASN : Les défis du Mipih sur le marché des SI en santé aujourd’hui ?

F. Serein : « Aujourd’hui, le défi est d’arriver à accompagner la loi sur la mise en place des Groupements Hospitaliers de Territoire avec deux défis majeurs : l’harmonisation et la convergence des SI.

La convergence des SI passe par les briques logiciels. Faire en sorte que les logiciels communiquent et s’harmonisent le mieux possible à travers l’identification unique du patient par exemple où le Mipih se positionne avec une avance importante. Mais aussi sur les briques techniques c’est-à-dire faire en sorte que les établissements puissent se recentrer sur les métiers, et que les maîtrises d’ouvrage puissent faire émerger les données de santé dans des lieux sécurisés et habilités, tel que le Mipih. Sans oublier la sécurité du Si et son interopérabilité. »

#FASN : Quels sont les enjeux que représente l’Occitanie (anciennement Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées) pour le Mipih ?

F. Serein : « Pour nous, Midi-Pyrénées est le bassin historique du Mipih donc le lien est naturel. Et le fait que nous soyons éditeur des solutions administratives de 80% des hôpitaux publics de la région fait que nous avons nécessité à faciliter la constitution des GHT et la communication inter-GHT.»

#FASN : Quelle est la stratégie du Mipih à court et moyen terme ?

F. Serein : « A court terme, dans la stratégie du Mipih, il y a la médicalisation du SI donc le fait que le Mipih aille sur le médico-administratif à travers une solution d’amélioration de la facturation et du codage. Il y a aussi la volonté d’être en capacité d’apporter des solutions plus globales pour les GHT intégrant le pilotage opérationnel et stratégique et permettre à chaque offre de soin public d’être le mieux ancré possible sur son territoire.

A l’horizon 2020, la stratégie du Mipih serait de faire en sorte que les SI des GHT soient harmonisés et leur permettent de développer leurs stratégies de groupe le mieux possible. »

#FASN : Comment voyez-vous l’évolution du marché des SIH à long terme ?

F. Serein : «Le marché des SI ne se rétrécit pas mais se consolide. Il devient plus mature. Cela va concentrer les activités sur les activités matures. Par contre, sur les activités innovantes et nouvelles, il faudra arriver à garder des éditeurs de plus petites tailles qui permettront d’amener des innovations à consolider dans les 10 prochaines années. C’est là qu’il faudra être relativement à l’écoute pour arriver à ce que la massification et la consolidation ne soient pas un frein à l’innovation. Il faudra permettre à des petites structures de garder des marchés de niche car les gros éditeurs ne sauraient tout faire et être les plus pertinents pour tout. Il faut que le cycle de l’innovation et de l’entreprise s’applique aussi au secteur hospitalier. »