25 mars 2016 FASN

TSN : « notre projet a vocation à s’assurer que les parcours sont réellement coordonnés », ARS Océan Indien

Depuis plusieurs années, l’ARS Océan Indien a fortement investi dans les systèmes d’information de santé. Elle a rejoint le programme TSN pour apporter sa contribution, notamment concernant la mise en place d’une structure interopérable d’échange des données de santé.

Témoignage de Denis Lerat, inspecteur des Affaires sanitaires et sociales, Directeur du programme OIIS (Océan Indien innovation Santé) et Directeur des systèmes d’information de l’ARS Océan Indien.

Pourquoi l’ARS Océan Indien a-t-elle rejoint le programme TSN ?

Lorsque le cahier des charges du programme TSN a été publié, nous avons donc pensé que nous pouvions apporter notre contribution, notamment concernant la mise en place d’une structure interopérable d’échange des données de santé.

Parallèlement, lorsque nous avons répondu au cahier des charges de l’appel à projet TSN, l’ARSportait également une attention et préoccupation particulières sur le sujet des maladies chroniques, qui ont une forte prévalence à La Réunion, notamment le diabète, et leurs conséquences.

Enfin, le timing était favorable car nous disposions des personnes et des compétences nécessaires pour porter un tel projet.

En quoi votre projet de Territoire de Soins Numérique sera-t-il utile au système de santé ?

Notre problématique actuelle est que 80 % des patients sont des patients chroniques. A ce jour, ces patients chroniques vont consulter en premier recours. Or les médecins sont pris par leurs activités quotidiennes et leurs patientèles, et il existe un déficit en matière de coordination et de suivi du parcours des patients.

Ainsi, le premier recours joue son rôle en matière de traitement, mais les patients se rendent à l’hôpital dès qu’ils se trouvent en phase aiguë. Il existe donc une problématique concernant l’articulation des différents acteurs autour des parcours de soins. Dans ce cadre, notre projet a vocation à s’assurer que ces parcours sont réellement coordonnés.

Parallèlement, notre projet vise aussi à améliorer les conditions d’exercice des professionnels de santé. Ainsi, ces derniers déplorent souvent le fait qu’ils exercent de manière isolée, notamment en cas de problèmes techniques, dont la résolution les détourne des activités de soin. Dans ce cadre, il nous a semblé nécessaire de simplifier l’exercice quotidien des professionnels de santé, notamment via l’amélioration de la transmission des informations et de leurs conditions matérielles.

Notre action se focalise essentiellement sur le bas de la pyramide de Kaiser, soit la prévention primaire. En effet, il est nécessaire d’intervenir le plus en amont possible, en agissant sur les comportements de la population saine, afin d’avoir ensuite le moins de patients chroniques complexes possibles.

Dans ce programme, les ARS ont un rôle de pilotage stratégique et opérationnel, comment envisagez-vous ce rôle capital ?

Les ARS sont des structures chargées d’animer les politiques publiques en matière de santé et de régulation de l’offre de soins. Pour ce faire, elles disposent de la légitimité et des outils juridiques nécessaires pour échanger avec les établissements et les professionnels de santé. Concernant la prévalence du diabète à la Réunion, l’ARS essaye de mobiliser l’ensemble des acteurs, afin qu’une action coordonnée soit mise en œuvre.

Que vous apporte l’appui de l’ANAP depuis le début de cette expérimentation ?

Au commencement de l’expérimentation, nous nous sommes rapidement aperçus qu’il était utile d’organiser des échanges entre les cinq régions au sujet de l’évolution des projets. Dans ce cadre, nous échangeons avec les autres régions, l’ANAP, l’ASIP, l’Assurance Maladie et la DGOS, notamment concernant les écueils rencontrés et les difficultés surmontées.

Parallèlement, l’ANAP joue également un rôle de relais auprès des institutions nationales. Ce rôle est particulièrement important pour l’ARS Océan Indien en raison de son éloignement de la métropole. L’ANAP nous permet donc d’avancer plus efficacement grâce au renforcement de l’interactivité, des échanges et de la synergie entre les différentes régions concernées.